• LES EMEUTES AU CAMEROUN

    Crise: Pour l’amour du peuple


    Click to jump to 'Mutations'YAOUNDE - 27 FEVRIER 2008
    © Alain B. Batongué, Mutations

    Qui eut pu imaginer que la grève annoncée par divers syndicats de transporteurs urbains et interurbains perturberait à ce point la vie de la nation ?
     
    Même le très officiel quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, dans son édition d’hier, parlait déjà d’une " situation insurrectionnelle qui s’installe à Douala " et qui, malheureusement, a commencé à s’étendre à d’autres villes du pays, notamment Bafoussam, Bamenda ou Foumban. La revendication principale, qui était une protestation forte contre la dernière hausse du prix du litre de carburant à la pompe, a rapidement été rattrapée et débordée par un malaise sociale généralisé autour des problèmes d’emploi des jeunes et de cherté de la vie. Beaucoup d’autres corps sociaux, devant un pouvoir d’achat sans cesse décroissant, qui a du mal à faire face à une inflation galopante des produits de première nécessité, se sont retrouvés de facto concernés par la revendication des transporteurs.

    Naturellement, des opportunistes de toutes sortes, tapis dans l’ombre, ont surgi pour des débordements regrettables, sans aucun rapport avec l’objet de départ des manifestations. Des dérives qui ont malheureusement mis en avant une jeunesse désoeuvrée et quelques fois droguée, pour de premières conséquences graves et douloureuses : une dizaine de morts déjà enregistrées entre Douala, Loum et Bafoussam, une paralysie inquiétante des activités surtout économiques à Douala, le blocage des mouvements de personnes et des biens entre les principales villes du pays, qui a par exemple empêché l’impression et la publication de trois quotidiens privés hier, et les autres conséquences en termes de pénuries diverses (surtout de carburant) qui commencent à se signaler ça et là.

    Cette situation insurrectionnelle est-elle le fait de groupes organisés et plus ou moins identifiés qui l’ont même planifiée ? La thèse est défendue par le gouvernement (qui a probablement des informations plus fiables), et qu’a plus ou moins revendiquée le ministre de la Communication au cours d’un point de presse diffusé tard lundi dernier sur la Crtv télé. Ce qui est plus que probable cependant, c’est que cette situation sociale, qui met en scène finalement plus de vandales que les groupes organisés et présentant des revendications formelles, a rendu compte de l’instinct de survie de plusieurs catégories sociales qui se considèrent depuis longtemps comme marginalisées, et qui profitent de la première occasion d’égarement pour faire entendre, à leur manière parfois violente et brutale, la voie de leurs souffrances au quotidien et du manque de perspectives d’avenir, face à des forces de l’ordre mal formées et peu entraînée à ce genre de situation, qui le leur ont bien rendu.
    La sortie des trois membres du gouvernement, lundi dernier, à la suite d’une longue concertation dans la journée autour du Premier ministre, Inoni Ephraim, avait déjà simplement permis de retenir la volonté du gouvernement de prendre des dispositions pour que " force reste à la loi ". A l’effet de rassurer les citoyens dont certains couraient le risque d’être agressés même dans leurs domiciles par des individus qui profitent du désordre pour piller et saccager les symboles de l’Etat. Et de fait, les violences ont diminué, notamment dans la capitale économique, sans pour autant ramener le calme dans la ville, restée toujours morte.

    C’est une forme de communication sans doute originale. Mais pouvait-elle efficace pour autant ? Parce que, au-delà des rencontres d’informations visant à expliquer les mécanismes de fixation des prix du carburant à la pompe, ce peuple qui pleure semblait attendre du gouvernement autre chose que des explications. Il semblait attendre du Premier ministre et, pourquoi pas, du chef de l’Etat, des mesures fortes visant à indiquer que le pouvoir avait compris la détresse et le désenchantement de la population.

    Les mesures annoncées tard hier soir, au nom du gouvernement et des syndicats, visant particulièrement à réduire, ne serait-ce que de manière symbolique, le prix du carburant à la pompe, en compensation de la levée du mot d’ordre de grève, est un compromis raisonnable qui permet au pouvoir de sauver la face devant les partenaires au développement auprès de qui ils ont souscrit des engagements précis. Ces mesures permettent aussi de comprendre que, par-delà les promesses à l’international, c’est d’abord des conditions de vie des populations qu’il faut se soucier. Et que reculer n’est pas toujours signe de faiblesse.
     

    Yaoundé : Le feu dans la ville qui “respire”


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    © Mutations

    A la fin de la journée, certains quartiers de la capitale étaient animés par des mini-émeutes.
     
    Le jeune homme raconte la folle soirée de la veille avec beaucoup de colère dans la voix. Ce lundi, alors que la nuit tombait sur Yaoundé, il a failli perdre son salon de coiffure qu’il avait laissé ouvert pour faire une course non loin de là. " C’est un voisin qui m’a sauvé en fermant précipitamment les portes, les gars allaient tout saccager après avoir tout pris ", explique Joël, ce natif d’Emombo qui a dû rester de longues heures sous surveillance policière partielle.

    Le long de la route étroite qui traverse ce quartier populaire de Yaoundé est encore tapissée de la poussière noire des débris de roues de voiture et de tables de commerce brûlés. A l’aide de ces barricades, des jeunes gens ont pris le contrôle de la route durant quelques heures, avant l’arrivée de forces de police. Selon le témoignage de notre coiffeur, le curé de la paroisse Marie Mère de Dieu de Nkolbeck voisine a vu sa Volvo vandalisée par les casseurs " On lui a cassé les pare-brise. "

    Pour une ménagère du quartier, " il était difficile de croire que ce sont nos enfants qui se sont transformés ainsi. " " Je les ai vu frapper un homme qui perdait du sang, se battre entre eux pour savoir s’il fallait laisser passer une voiture ou non ", ajoute-t-elle. Mais pour le coiffeur, nombre de personnes impliquées dans la révolte provenaient autant des masses désoeuvrées, des petits voyous que des jeunes qui changent au quotidien de petits métiers, notamment les taximen à moto. " Comme ils ont entendu le journal de 20h (à la radio nationale), ils ont dit que rien n’aura changé demain et tout a pris feu ", prétend une vendeuse de cigarettes.

    Sauvages

    Ailleurs dans la ville de Yaoundé, des barrages sauvages ont en effet fait leur apparition. Les voitures de transport clandestin qui desservent les banlieues telles que Nkomo ont été parfois mises à l’index par des personnes qui ne voulaient pas voir la grève brisée par des taxis suppléants. A l’école des postes à Ngoa-Ekele, des pneus ont été brûlés sur la chaussée. A Essos, les groupes de vandales se sont rendus maîtres de rues secondaires mal éclairées. " Je passais par le carrefour qui abrite la station-service Mobil d’Essos quand des gens sortis de la ruelle adjacente ont jeté des pierres sur le toit de ma voiture. Ils avaient déjà barré la route par des pierres et des tables et agressaient tous ceux qui passaient en exigeant 2000Fcfa ", témoigne M. Ela, un habitant d’Essos.

    Les policiers postés çà et là et notamment au carrefour Terminus de Mimboman ne pouvaient plus cependant bouger le moindre doigt, selon un inspecteur de police qui veillait là avec ses collègues : " Nous sommes fatigués… ", a laissé entendre l’agent des forces de l’ordre. " La technique utilisée par les gars est effectivement lassante, a encore expliqué Joël. Ils venaient commettre leurs forfaits et disparaissaient dès que la voiture des policiers pointait son nez. Une fois la police partie, ils revenaient. " Dès le levée du jour, les policiers et les gendarmes sont passés à la contre-offensive, interpellant des jeunes gens à Biyem-Assi notamment.

    Jean Baptiste Ketchateng

    Crise : La capitale en panne sèche



    Les stations services ont été vidées hier par des automobilistes redoutant un pénurie.

    Il est un peu plus de 11h ce 26 février 2008. De longues files de véhicules sont observées des deux côtés de la station Texaco située non loin de la place Repiquet. C’est une situation presque identique dans diverses stations d’essence de la ville. La rumeur a circulé tôt le matin, faisant état de ce que le carburant commence à diminuer. A cette station de la place Repiquet, un homme est à l’une des pompes. Un client pressé remarque que " ces gens sont énervants. Ils sont assis derrière et celui-ci sert seul. Est-ce qu’il va servir aux deux pompes seul ? ". Cette pompe contient du super qui est fini depuis quelques heures. Le pompiste n’a pas le temps de répondre aux questions du reporter au sujet d’une supposée pénurie de carburant. " Allez vous renseigner là dedans ; je n’en sais rien "’, lance-t-il entre deux clients qu’il sert et l’énorme quantité de monnaie qu’il reçoit.

    Richard Nsonkoua, le prochain client, s’avance, l’air pressé. " Il n’ y en a plus dans beaucoup de stations. J’ai pris du super à la Nouvelle route Bastos pour le premier véhicule. Cet autre véhicule a le demi plein de gazoil. Je vais compléter. Avec ça on va aller attendre ". Un autre veut du super. Le pompiste lui fait savoir que " c’est fini ". Son suivant dit ne pas être au courant de la pénurie. Pourtant, sa compagne avoue à un interlocuteur au téléphone que " nous sommes au courant. On est même à la station ". Apprenant à son tour qu’il ne sera pas satisfait ici, il s’en prend à la presse via le reporter : " C’est vous qui êtes à l’origine de cette situation. Parce qu’on a fermé l’un d’entre vous, vous avez commencé à inciter les gens à la révolte ".

    C’est que chacun veut être servi avant que la situation ne soit connue du grand public. On voit un véhicule de la coopération allemande acheter du gazoil dans de grosses bonbonnes. De l’avis d’un conducteur de car Hiace, " chacun veut " s’armer avant qu’il ne soit tard.

    " La situation était prévisible ", affirme un pompiste. Pour un responsable d’une station du centre ville de Yaoundé, " le problème est que les dépôts ne fonctionnent pas pour des raisons de sécurité ". Evoquant les violences faites dans les stations d’essence à Douala ces derniers jours, l’homme explique que " les camionneurs ont peur qu’ils peuvent garer pour servir et les vandales s’en prennent à eux ".

    Lindovi Ndjio

    Douala : De nouveaux morts au cours des affrontements


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    © Mutations

     
    La grève se poursuit à Bonamoussadi, Bonabéri et Village.
     
    Le quartier Bonamoussadi a eu un réveil timide ce mardi 26 février 2008, après les casses de la veille dans la nuit et les nombreuses barricades érigées dans les principales artères de cette banlieue nord de Douala. Ce calme apparent a été violemment rompu à 12h30mn au niveau du carrefour du lycée de Bonamoussadi. Une quarantaine de jeunes camerounais ont recommencé à accumuler sur la chaussée des pneus, des kiosques du Pmuc et des étagères qui servent de comptoirs aux commerçantes du petit marché du coin.

    L’arrivée des forces de l’ordre ne va pas dissuader les manifestants. Ces derniers ont mis le feu aux matériaux entassés. Pour les empêcher de continuer cette besogne impunément, les gendarmes ont ouvert le feu. Quatre coups de feu au moins ont été entendus. Selon les témoins, c’est le dernier tir qui a atteint mortellement Célestin Mbounga. Ce jeune " pousseur " qui revenait du marché, accompagnait une dame avec ses vivres à son domicile. La balle tirée par l’élève gendarme Youmbi est entrée au dessus de l’arcade sourcilière gauche et a emporté la boîte crânienne du jeune homme. Son tee-shirt rouge rayé de blanc et son pantalon velours marron clair ont été maculés de sang en quelques secondes.

    Les gendarmes ont aussitôt reculé devant la colère des manifestants. Pour transporter le corps de Célestin Mbounga, ces derniers ont construit une croix sur laquelle ils l’ont attaché. La foule a grossi avec l’arrivée de la famille du défunt qui vit à Bonangang, tout au long du parcours jusqu’à la gendarmerie d’Akwa-nord où le corps, avec la tête enturbannée, a été déposé. Trois autres camions de militaires et de gendarmes sont arrivés avec un char à eau pour disperser les manifestants. Tous les carrefours qui sont des portes ouvertes sur d’autres quartiers ont été bouclés. Un contrôle systématique de tous ceux qui entrent et sortent est effectué. Les sacs et les poches sont vidés après identification. Si les éléments transportés sont jugés non dangereux, les citoyens peuvent poursuivre leur route.

    Transporteurs

    La tension vécue hier à Bonamoussadi rompait avec la relative accalmie observée dans les autres points réputés chauds lundi, au premier jour de la grève des transporteurs. Sauf à Bonabéri où la nuit a été marquée par de violents affrontements, et de nombreuses scènes de pillage. Cette fois-ci, les badauds qui ont saccagé plusieurs commerces se sont attaqués aux édifices neutres, notamment la pharmacie du pont qui a été éventrée et pillée. Un pharmacien de service a constaté avec amertume, les dégâts collatéraux de plus en plus nombreux dans la ville. Lundi dans la nuit, des bandes organisées ont multiplié des raids contre des boutiques qu’ils avaient apparemment ciblées en journée. Les quartiers Mabanda et Grand hangar ont été particulièrement secoués par la violence qui n’a pas connu de répit, malgré la mobilisation des forces de sécurité. Face à la menace des pillards, les forces de l’ordre n’ont pas eu la main tendre. Plusieurs coups de feu sont partis, dans l’obscurité ambiante dans la zone de Mabanda, point névralgique de la contestation populaire. Hier matin, des centaines de policiers sont allés en renfort, pour ramener le calme à l’autre rive du Wouri en ébullition. Le bilan a été plutôt lourd.

    Au moins trois morts ont été signalés par les riverains. " Les corps ont été transportés dans la nuit. L’une des personnes tuées était le fils d’un militaire habitant Forêt bar ", a raconté un témoin à Mutations. Les sources hospitalières ont confirmé le nombre des nouvelles victimes à Bonabéri, qui est du coup porté à cinq, après les deux morts enregistrés lundi. A l’entrée Sud de Douala, en provenance de Yaoundé, les scènes de pillage ont également été enregistrées. Ellery automobile a été attaqué et saccagé par des manifestants excités. Peu avant le début des pillages intervenus en début de matinée, le quartier portait encore le deuil de son premier manifestant tué. Contrairement aux nouvelles faisant état de la mort de plusieurs gendarmes, il n’en a rien été. Aucune source officielle n’a confirmé ces décès. " Aucun homme ne manque dans aucune de nos unités ", a soutenu un responsable de la gendarmerie à Bonanjo. Des responsables militaires se sont même mobilisés pour calmer la situation. Le commandant de la région militaire de Douala, le général Sally Mohamadou a palabré avec des manifestants qui l’ont porté en triomphe à Bonabéri et Village.

    Deux morts à Loum

    Le mouvement des transporteurs bien suivi dans la localité de Loum, dans le département du Moungo, a été émaillé d’actes de violence. La grève qui s’y est transformée en mouvement de revendication sociale et politique a fait deux victimes. Aucune indication n’a été donnée sur l’identité des personnes tuées mais un témoin ayant vécu les affrontements a confirmé le bilan macabre.

    Denis Nkwebo & Marion Obam

    Douala : Au moins quatre morts et des blessés graves


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    © Denis Nkwebo, Mutations

    Une journée de débrayage ensanglantée par les affrontements entre la population et les forces de l’ordre
     
     
    Aux premières heures de la matinée d’hier, lundi 25 février, les rues de Douala étaient désertes. Aucun véhicule ne circule. Aucun engin roulant n’est visible. Des colonnes de fumée noire s’élèvent vers le ciel, partout. Elles sont alimentées par de dizaines de vieilles roues de voiture mises à feu. Plusieurs dizaines de jeunes gens aux muscles bien ressortis patrouillent et veillent au strict respect du débrayage. Pour bien tenir leurs piquets de grève, ils hurlent et menacent à tout vent. En face de ces grévistes déterminés, la police et la gendarmerie effectuent des incursions sporadiques, pour étouffer un mouvement qui montre tous les signes de violence. C’est en tout cas ce décor qui a marqué le début de la première journée de la grève décrétée par les syndicats des transporteurs.

    Pourtant, c’est à une journée d’émeutes que l’on va assister. Dans la nuit déjà, autour de 1 heure du matin, les populations riveraines de l’université de Douala avaient donné le ton. Là, les commerces ont été pillés, des barricades érigées le long de la voie qui mène au quartier Ndokoti, tandis que les activistes collectionnaient en même temps les pneus pour la suite des opérations dès la levée du jour. Les habitants du coin ont d’ailleurs découvert un quartier plutôt sinistré, comme si un orage de colère avait engendré des casses aveugles. La route qui mène à Ndokoti, en passant par l’Essec, est parsemée du même décor de déluge qui a pris corps.

    Le carrefour Ndokoti n’a donc pas été épargné par un mouvement plutôt bien suivi. Ce lieu désert a en plus connu une intense activité des bandes en colère. Les écueils des casses récentes effectuées en ces lieux par l’autorité municipale, ont sans doute attisé la hargne des manifestants. Ces derniers ont mis le feu aux roues de voiture, bravé l’intervention policière pour s’en prendre aux édifices importants et aux grands commerces tels que la station Tradex, le complexe Belavie et l’agence Bicec. C’est ici que les altercations les plus violentes entre les forces de l’ordre et la population ont eu lieu. La nouvelle de la mort de deux gendarmes y a même circulé ; information aussitôt démentie de source policière.

    Fusillade

    A Bessengué, les jeunes du quartier ont maintenu le siège de la rue comme si une rancœur couvait depuis des lustres. La fumée noire du feu qui brûle partout sert de bouclier, dans une ambiance dominée par les tirs nourris des gendarmes. Les manifestants dissimulés derrière les habitations guettent les hommes en tenue qui tirent à bout portant. Les éclats de gaz lacrymogène, les impacts de balles réelles ont l’air d’exciter la foule qui envahit la voie de façon intermittente. Dans la foulée, les bavures sont signalées. Les fusils à pompes déversent leur gaz à l’intérieur d’une école maternelle. Au même moment, les élèves des lycées et collèges tentent difficilement de se frayer un chemin, pour se mettre à l’abri. « Ils ont attaqué notre école. Ils ont mis le feu dehors et nous étions obligés de fuir », raconte une jeune fille du lycée de Déido.

    Douala a donc basculé dans la violence. Le spectacle des affrontements ouverts entre forces de l’ordre et manifestants difficilement identifiables était le même partout. Notamment à Bonabéri où les échauffourées ont opposé la police à une meute de jeunes gens prêts à tout. C’est là que le véhicule du délégué provincial de la Sûreté nationale du Littoral, Joachim Mbida Nkili, a été attaqué. Des tessons de verre ont d’ailleurs blessé le commissaire divisionnaire qui s’est dit surpris par l’ampleur de la violence. «Rien n’explique l’attaque contre les fonctionnaires de la police alors qu’ils essayent juste d’œuvrer à ramener le calme dans la ville », dit-il. Comme lui, des journalistes ont connu de pires moments d’incertitude. Eric Roland Kongou, en reportage pour Mutations, a été pris à partie par des badauds non loin du commissariat du 7ème. Ses agresseurs lui ont arraché son appareil photo, après l’avoir frappé au visage. Liliane Nyatcha de Stv a également perdu sa caméra au profit des gendarmes. Ces derniers lui reprochent ses reportages diffusés sur la Bbc.

    Dans les hôpitaux, le bilan des émeutes est très lourd. Au moins quatre morts sont enregistrés dont deux à l’hôpital Laquintinie. Les deux autres victimes sont tombées sous les balles des forces de l’ordre, du côté de Bonabéri. Les blessés graves se comptent par dizaines. Les manifestants ont d’ailleurs bravé des embûches pour conduire les victimes dans les hôpitaux. Au cours des scènes rappelant celles de l’Intifada palestinien, les corps transportés souvent dans des bacs à ordures ont défilé le long du boulevard de la République. Sur les brancards de fortune, certains blessés ayant un impact de balle en pleine poitrine, ont été vus, poussant apparemment leurs derniers souffles.

    Hier soir, le général Sally Mohamadou, commandant de la 2e région militaire est allé autour de 17h30 à la rencontre des manifestants à Bonabéri. C’était non loin de la mission catholique de ce quartier qui a connu de nombreux actes de pillage et de violence tout au long de la journée. Vêtue de sa tenue et ses attributs, les mains levés comme pour attester qu’il est inoffensif, l’officier supérieur de l’armée de terre a avancé vers ses interlocuteurs et les a invités à arrêter les casses et pillages. Le général a promis aux manifestants son encadrement et sa protection s’ils se limitaient à marcher.
     

    Pénurie : Les réserves commencent à s’épuiser



    Les seuls commerces restés ouverts à Douala ont été pris d’assaut par les populations.

    Lazare Kolyang Les images de désordre que l’on vit depuis lundi dernier, 25 février, sur les artères de la capitale économique, au début du mouvement d’humeur lancé par les transporteurs, contrastent nettement avec celles vécues le lendemain, mardi 26 février, devant certains commerces restés ouverts et qui servent de seuls points d’approvisionnement aux populations dont les réserves en produits alimentaires commençaient à s’épuiser. Soigneusement alignés devant les boulangeries Zépol et Saker à Akwa par exemple (des commerces qui ont échappé au pillage), les clients respectent scrupuleusement l’ordre d’arrivée et d’entrée pour les achats de secours.

    Pas de bousculade, même si certains sont obligés de passer des heures dans les rangs avant d’être servis. "La boulangerie a été fermée lundi aux environs de 15 heures. Elle n’a été rouverte hier qu’autour de 9 heures ", explique un employé de la boulangerie Zépol. En plus des employés de cette boulangerie, quelques éléments des forces de l’ordre, postés à l’entrée, ont été appelés en renfort pour sécuriser les lieux. La même affluence et presque la même sérénité se retrouvent du côté d’une autre boulangerie, Saker, située non loin de la cathédrale de Douala.

    Deux tomates

    Au carrefour Mobil Bonakouamouang, une autre boulangerie a aussi continué à servir quelques baquettes de pain aux populations, pas dans la boutique (dont les grilles sont baissées et fermées), mais directement par la porte qui donne droit au four. Avec le même ordre dans les rangs du côté des clients. Mais les différents marchés de Douala sont désespérément restés fermés pour la deuxième journée consécutive. Seuls quelques petits marchés spontanés que l’on connaît à Douala ont servi de point de chute à certaines ménagères. C’est le cas du pan d’un marché installé à Bépanda Double Balle.

    " A Bonamoussadi, le marché n’a pas véritablement ouvert, mais certains commerçants sont venus très tôt le matin, entre 6 h et 7h30, exposer quelques vivres ", témoigne un habitant de ce quartier de l’arrondissement de Douala 5ème. “La conséquence de cette situation est nette : tout a augmenté de prix. On nous a vendu deux tomates à 1.00 francs Cfa, trois poissons " Bifacas " à 5.00 francs Cfa ", soutient cette ménagère. Qui poursuit que " puisque la grande boulangerie de Bonamoussadi, à savoir Bijou, a été pillée, les habitants sont obligés de venir se ravitailler à la boulangerie Barquaise, située à Akwa Nord ". Ailleurs, des militaires ont été sollicités pour protéger les commerçants.

    Dans les quartiers, certains boutiquiers " courageux " qui ont ouvert leurs échoppes, en gardant les portes fermées, se sont fait remarquer par une inflation. Le prix de la baguette de pain est passé, de manière invraisemblable, de 150 francs Cfa à 3.00, 4.00, voire 5.00 francs Cfa, dans certains quartiers.
     

    Riposte : Le chef supérieur Deido défie les vandales


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    © Eugène Dipanda, Mutations

    Essaka Ekwalla exige par ailleurs la réouverture de toutes les boutiques dans son canton.
     
    Dans la petite case à palabres de la chefferie supérieure du canton Deido, le ton du discours du maître des céans n’était guère à la rigolade hier, mardi 26 février 2008. Au second jour de l’insurrection générale qui paralyse la capitale économique, sa majesté Essaka Ekwalla a réuni ses notables et convié la presse, afin de décrier la situation qui prévaut sur les berges du Wouri. "Nous avons été surpris par les événements. Mais nous souhaitons que les gens soient sages et qu’ils sachent mener leurs revendications, parce que nous avons constaté que d’autres forces sont apparues, semant la terreur et brûlant tout au passage…", fait-il remarquer.

    Selon le chef supérieur du canton Deido, il est par ailleurs inadmissible qu’en seulement deux jours, le verre de riz qui coûtait 100 francs Cfa sur le marché, soit désormais vendu au double de son prix. Plus grave encore, se plaint sa majesté, "Les stocks sont même épuisés depuis ce matin…". "Mais, je ne laisserai pas les populations de mon canton mourir de faim", poursuit-il. Comment la chefferie supérieure compte-t-elle s’y prendre ? Sa majesté Essaka Ekwalla semble avoir sa petite idée dans la tête. "Nous allons nous organiser pour bouter hors de notre territoire le désordre ambiant", clame-t-il d’un ton martial.

    Selon ce dernier, le canton Deido va, en effet, combattre contre toutes les personnes qui oseraient venir perpétrer le désordre dans cette partie de la ville de Douala. "Nous n’allons plus tolérer que les gens quittent leurs quartiers pour venir brûler le nôtre", avertit l’autorité traditionnelle. Selon toute vraisemblance, sa majesté Essaka Ekwalla semble d’ailleurs déjà avoir quelques cibles dans son viseur. "Les pilleurs viennent de Bonabéri, de Nkongmondo et de Bépanda. Très peu habitent Deido. D’ailleurs, tout ressortissant de Deido qui sera surpris parmi les casseurs sera considéré comme un ennemi, et combattu comme tel", affirme-t-il. De quels moyens dispose donc le canton pour mener pareille bataille ? Pour sa majesté Essaka Ekwalla, il n’est pas question, pour l’instant, de dévoiler toutes les stratégies au public. Il avoue toutefois ne pas détenir "un pactole de guerre" ; mais "juste, la volonté de ne pas voir phagocyté notre canton", dit-il, "S’il y a eu des Deido parmi les casseurs, je leur demande de revenir à la raison. Parce qu’ils n’ont aucun intérêt à brûler", conclut le chef supérieur, dans un air bien paternaliste.

    "La route Deido – Bassa, qui est le seul axe dont notre canton a bénéficié de la construction dans le plan de réaménagement urbain de Douala, a été détruite à notre désavantage. Cela n’est pas tolérable", désapprouve-t-il.
    Les menaces du chef supérieur du canton Deido ne sont cependant pas proférées aux seuls présumés vandales et autres pilleurs, dénombrés en milliers depuis lundi dernier. Les intimidations sont également formulées à l’endroit des commerçants exerçant sur l’ensemble du canton Deido, et principalement le long de la très populaire "Rue de la joie" de Bonatènè. Ainsi, tout détenteur de commerce qui oserait maintenir ses portes et grilles fermées dans les prochains jours, sera définitivement chassé de son lieu de vente, a annoncé l’autorité traditionnelle. Quelles garanties les boutiquiers ont-ils donc en cas d’attaque de leurs commerces ? Là, sa majesté Essaka Ekwalla reste très peu persuasif. "Personne ne viendra plus les menacer à Deido", s’est-il contenter d’indiquer. Les jours à venir diront…

    Bafoussam : Emmanuel Tantoh tombe sous les balles


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    © Michel Ferdinand, Mutations

    La première journée de manifestations contre la flambée des prix dans cette ville, a fait des victimes.
     
    La scène macabre se déroule non loin de l’ancienne gare routière à Bafoussam. Il est environ 12h. Une bande de jeunes gens tente d’incendier le centre divisionnaire des impôts de Bafoussam II. Elle manifeste depuis le début de la matinée du 26 février 2008, contre la hausse des prix de produits sur le marché local. Près de 6000 personnes qui affrontent les forces du maintien de l’ordre. Il s’agit des policiers qui y ont pris position. Le ton monte. Les grévistes usent des projectiles. Les éléments de la police essayent de les dissuader en tirant des balles réelles, en l’air.

    Puis, le drame survient lorsqu’un homme en tenue ouvre le feu dans la foule. Bilan : un mort. Emmanuel Tantoh, 23 ans, originaire de Nkambé dans le Nord-Ouest, s’écroule pour l’éternité. Vigile dans une société de gardiennage de la place, il a reçu une balle en pleine tête.

    Les manifestants se retirent d’abord sur la pointe des pieds. Avant de revenir, ensuite, pour transporter le corps du défunt, sur une civière. Visiblement, la colère monte d’un cran. Les émeutiers veulent faire entendre leurs voix, en baladant la dépouille de Emmanuel Tantoh dans la rue. Ils veulent surtout la conduire à la résidence du gouverneur de la province de l’Ouest.

    Des hommes au béret noir, s’y interposent une fois de plus. Et retiennent le corps qu’ils transportent vers le Groupement Mobil d’intervention (Gmi) N° 3 à Bafoussam. Dans les principales artères de Bafoussam, le climat est surchauffé. Des populations sont sorties très tôt dans la matinée pour s’attaquer à ce qu’elles considèrent comme étant les symboles de " répression " de l’Etat. L’esplanade de la délégation provinciale de la sûreté nationale à l’Ouest constitue leur cible. Des cailloux sont projetés sur des policiers en faction. A l’issue de cet autre affrontement, un jeune homme âgé de 30 ans, reçoit un plomb dans l’épaule. Ses bourreaux le conduisent vers une destination encore inconnue. Plusieurs autres cas de blessure par balles sont enregistrés. Des témoins affirment qu’un bébé de trois ans a été abattu sur le dos de sa mère.

    Mais, son corps est resté invisible jusqu’au moment où nous allions sous presse. Des messages inondent des pancartes tenues par des émeutiers : " Touche pas à notre constitution. Paul Biya va partir. Non aux impôts kilométriques. Non au Pmuc, nous n’en voulons plus ", a-t-on lu çà et là. Des observateurs finissent par rallier les rangs des manifestants. Par petits groupes, ils détruisent des installations appartenant au Pari mutuel urbain camerounais. Une vingtaine de kiosques du Pmuc sont brûlés. D’autres servent de barricades sur la voie publique. Des actes de vandalisme sont perpétrés au point course du Pmuc au lieu dit Auberge à Bafoussam.

    La même bande atterrit à Bandjoun pour saccager les lieux de commerce ouverts un peu plus tôt. Le préfet de la Mifi, Baba Ngamdji, échappe à un lynchage, alors qu’il tente de calmer la foule en furie. Une vitre arrière de son véhicule est brisée. " Nous n’avons donné aucun mot d’ordre de grève ", réagit Emmanuel Mbomgni, président provincial du syndicat national des taximen à l’Ouest. Or, dans la nuit du 25 au 26 février dernier, des tracts ont circulé à Bafoussam, appelant à une ‘‘révolution pacifique’’. Ce qui s’est appliqué le lendemain, avec des scènes de pillage dans des stations services et de violences de toutes sortes.

    Dans l’intervalle, le gouverneur de la province de l’Ouest, Pascal Mani, organise une réunion de crise. Il appelle les uns et les autres à plus de responsabilité. Surtout parce que, dans les rangs des manifestant, on a dénombré de nombreux élèves. Des jeunes qui ont été sortis des salles de classe par les émeutiers. Hier, Bafoussam était une ville sinistrée. Pas de voiture en circulation. Pas de commerce en activité. De nombreux services publics et privés fermés. Si bien que, en fin de journée, la forte présence des forces de sécurité, mixtes, laissait croire que Bafoussam était en état de siège.

    Listes des victimes

    Décédé
    -Emmanuel Tantoh (23 ans)

    Blessés par balles
    -Jean Marc Jowo (mécanicien, au bras)
    - Gregroire Toubiwo (23 ans, à la tête)
    - Pascal Kouakam (commerçant, 28 ans, à la fesse)
    -quatre personnes non identifiées)
     

    Situation sociale : La classe politique se prononce


    Click to jump to 'Mutations'YAOUNDE - 26 FEVRIER 2008
    © Jean Francis Belibi, Mutations

    A la suite des événements malheureux du week-end dernier et ceux d’hier des leaders et cadres de partis s’expriment.
     
    Mme Elisabeth Tamanjong (secrétaire général du Social democratic front (Sdf)): Le gouvernement n’a pas tiré les leçons du Kenya

    Nous ne comprenons pas aujourd’hui la réaction du gouvernement. Nous croyions être dans un processus démocratique où les différentes opinions doivent s’exprimer. Nous assistons à des réactions disproportionnées des forces de l’ordre face à des gens qui veulent manifester de façon pacifique.
    Quand il s’agit du Rdpc, nous n’assistons pas à une telle mobilisation des forces de l’ordre. Au Social democratic front, nous condamnons fermement l’utilisation de la violence qui a aboutit à la mort de deux citoyens camerounais à Douala, suite à des tirs des éléments des forces de l’ordre.

    C’est inadmissible qu’ailleurs, les forces de l’ordre utilisent du gaz lacrymogène et de l’eau dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre, et que chez nous, l’on fait usage de balles réelles… Les Camerounais ont le droit de dire leur ras le bol de la situation difficile qu’ils vivent aujourd’hui avec les prix des différents produits qui augmentent, et surtout du carburant, alors que leurs revenus sont restés les mêmes… C’est dommage que le gouvernement camerounais ne tire pas les enseignements de ce qui vient de se passer au Kenya pour essayer de mieux faire chez nous.

    Me Bernard Acho Muna, président de l’Alliance des forces progressistes (Afp: La vie au Cameroun est difficile

    Au niveau de l’Afp, nous déplorons et regrettons que des Camerounais aient trouvé la mort dans ces mouvements, juste parce qu’ils ont voulu exprimer leur opinion sur une question qui concerne la vie de leur pays.

    Nous sommes d’autant plus tristes que cette situation se produit dans un pays que l’on dit être une démocratie avancée. Nous ne pensons que le Rdpc qui se dit majoritaire a quoi que ce soit à perdre dans la révision de la constitution dans une Assemblée nationale où on le dit majoritaire. Si le Rdpc laisse toutes les couches sociales exprimer leurs opinions, nous ne sommes pas sûrs que nous arriverons à ces dérapages, et de cette façon, ils pourront faire passer leur caravane de révision de la constitution sans problème… C’est triste ce qui arrive aujourd’hui, avec ces morts de personnes innocentes… En tant qu’homme politique, j’ai trouvé inopportune, cette hausse des prix de carburant au moment où le climat politique est dominé par ce débat sur la modification de la constitution… Je ne sais sur quelle base ces gens ont pris leur décision, mais ils auraient dû regarder l’environnement autour d’eux. J’en appelle au président de la République pour une intervention de sa part dans la résolution de la crise actuelle, pour que ses représentants sur le terrain, les préfets et les gouverneurs, arrêtent d’interdire les manifestations et les réunions. S’il aime ce pays comme il le dit, c’est une décision que le président de la République peut prendre pour que les zélés du Rdpc ne conduisent pas le Cameroun à une guerre civile… La vie au Cameroun est devenue difficile, et j’ai pu m’en rendre compte en descendant personnellement dans un marché. Mais je crois que tout cela est lié au transport, donc au coût du carburant dont je trouve encore la hausse injustifiée.

    Daniel Mbock Mbegde, président de l’Union socialiste pour le progrès (Usp): Le débat a été déplacé

    …Nous déplorons tout ce qui passe à Douala depuis samedi dernier et dans toutes les autres villes du Cameroun et qui entraîne la de citoyens camerounais… Mais je reviens sur la constitution parce que ce n’est pas elle qui intéresse le peuple camerounais. Ce qui intéresse le peuple camerounais aujourd’hui, c’est que ceux qui président à ses destinées puissent créer des conditions de vie favorables à l’épanouissement du peuple camerounais. Il faut que nous soyons clair là-dessus. Mais nous constatons que l’on est en train de déplacer le débat. Entre réviser la constitution et mettre en place des conditions qui font rêver les Camerounais pour un meilleur vivre, il a besoin de mieux vivre…

    Anicet Ekanè, président du Manidem: Qui sème le vent récolte la tempête

    Ce que je peux dire d’emblée, c’est que quand on sème le vent, on récolte la tempête. En réalité, ce qui nous avions prévu est en train de se dérouler. Nous avons à faire à un pouvoir qui est dans le désarroi face à des gens qui ne se reconnaissent plus en lui. On est face à un peuple qui n’a plus de boussole. On peut déplorer les scènes de pillage auxquelles on a assisté à Douala depuis le début de ces manifestations. Il s’agit de situations incontrôlées au cours desquelles certains en profitent pour mettre le chaos. C’est une situation déplorable qu’il est difficile de prévoir… On a eu à faire à des forces du maintien de l’ordre qui ont fait un sale boulot. Les informations dont nous disposons concordent sur le fait que ces gens ont tiré sans raison sur des personnes innocentes, car rien ne justifiait qu’ils tirent à balles réelles sur des gens qui n’étaient pas plus dangereux que les autres… Les Camerounais et principalement les jeunes expriment leur ras le bol. Ils ne se reconnaissent plus dans ce pouvoir…
     
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