
HISTOIRE DE LA GUINEE BISSAU
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L'histoire de la Guinée-Bissau ne remonte pas aux quelques années qui ont secoué cette petite république africaine depuis environ une décennie. Les troubles qui sont terminés - apparemment - avec l'élection en 2005 de Nino ne doivent pas occulter le passé si riche de la Guinée. L'histoire coloniale : Au XIIIème siècle, les peuples Nalu et Landuma s'installent dans la région à la faveur du déclin de l'Empire du Ghana. C'est seulement au XIVe siècle, en 1446, alors que la région est en passe d'être intégrée au vaste Empire du Mali (qui comprend les actuels Sénégal, Guinée, Gambie et Mali,...) que les premiers navigateurs portugais établissent des contacts. Entre 1753 et 1775, la construction de la forteresse de Bissau s'effectue grace au travail de Capverdiens spécialement déplacés pour ces travaux. En 1800, l'Angleterre commence à faire sentir son influence en Guinée Bissau en revendiquant la tutelle de l'île de Bolama, de l'archipel des Bijagos, de Buba et de tout le littoral Sud. A la fin du 19ème siècle, l'abolition de l'esclavage est imposée par les patrouilles de surveillance de la marine britannique. Ainsi, l'exportation des produits agricoles vers l'Europe devint l'activité principale des puissances coloniales en Afrique occidentale. Le Portugal n'étant pas un pays riche et n'ayant que peu de ressources, il ne pût développer ses colonies. Le gouvernement portugais était si faible qu'il permit aux compagnies européennes de contrôler et d'exporter les richesses de la Guinée, principalement l'arachide et l'huile de palme. En 1870, grace à l'arbitrage du président américain Grant, l'Angleterre renonce à ses revendications en Guinée-Bissau. Malgré ce partage effectif du pays par les puissances coloniales, les royaumes locaux continuent à résister à toute tentative de colonisation et d'expropriation. Les Floups, une des communautés Diola les plus puissantes et présente principalement vers Oussouye en Casamance sénégalaise, mènent contre les Portugais la bataille de Djufunco en 1879. Cette bataille se soldera par la plus grande déroute portugaise de l'histoire coloniale. Cette résistance sévère des Diolas mènera le Portugal à accentuer sa pression sur le pays en lui donnant plus de prérogatives : la Guinée est séparée de la Province du Cap Vert et la nouvelle Province de Guinée Portugaise qui aura comme capitale Bolama. Malgré tout, la tension militaire et la rebellion permanente font que le pouvoir colonial portugais se limite aux villes-forteresses occupées par l'admnistration et l'armée : Bissau, Bolama, Cacheu Farim et Gêba. Cette insécurité n'empêche pas la mise en production agricole des terres littorales par les colons portugais ou du monde lusophone (notamment des Caverdiens). Mais la rebellion reprend de plus belle dès la fin du XIXe siècle avec une vague insurrectionnelle dans l'Oio (en 1897 et 1902), dans le pays Floup (encore...) en 1905 et à Bissau en 1908 qui voit l'alliance des Pepels et des Balantes de Cuméré pour une offensive meurtrière. Entre 1910 et 1925, une période de conflit permanent alternant des insurrections autochtones et la répression coloniale sera appelée "la guerre de pacification". Il s'agissait plutôt en guise de pacification d'assassiner les chefs locaux les plus rétifs tout en accentuant l'impôt sur les populations locales. Entre victoires et déroutes des populations insoumises, deux noms resteront dans l'histoire de la répression sanglante : le premier fut João Teixeira Pinto, militaire à la longue expérience coloniale et qui entre 1913 et 1915 lança des actions sanguinaires qui virent le massacre des populations locales durant la campagne de l'Oio (pays balante). Le second fut Abdul Indjai (Abdoul Ndiaye), un Wolof sénégalais (les Wolofs furent les plus grands vendeurs d'esclaves dans cette partie de l'Afrique). Abdul Indjai qui fut l'auxiliaire cruel de Teixeira Pinto dans la bataille de Canchungo, finit par se rebeller et fût arrêté à Mansabá en 1919 avant d'être déporté vers le Cap Vert et plus tard à Madeire (peut-on faire confiance à un Sénégalais ?). A leur tour, les Bijagos se révoltent entre 1917 et 1925 harcelant l'armée portugaise dans tout l'archipel et jusqu'à Bolama. En 1918, les Bayots et les Floups (encore des Diolas) entament une nouvelle guerilla meurtrière contre le Portugal. C'est à cette période qu'une nouvelle administration légiférant la ségrégation colonialiste est mise en place en Guinée-Bissau. Elle formalise : - la division de la population entre "civilisés" et "indigènes" En 1921, à la prise de fonction du gouverneur Jorge Velez Caroço, de nouvelles alliances verront les musulmans - et notamment les Peulhs, être privilégiés par le pouvoir colonial au détriment des communautés animistes mal organisées. Entre 1925 et 1940, ce sont à nouveau les Pepels de Bissau qui se révoltent, suivis en 1933 par les Floups de Jufunco qui font du pays Diola (extrême Nord-Ouest) une région toujours incontrôlée. Les Bijagos de l'île de Canhabaque (île Roxa) suivent le mouvement de révolte en 1935-36 et refusent de payer l'impôt au pouvoir colonial. Malgré cette insurrection quasi-généralisée, l'administration coloniale lance la construction d'infrastructures : routes, ponts et élargissement du réseau électrique, etc... La principale culture d'exportation, l'arachide, est également développée. C'est également à cette époque que les grande entreprises de capital portugais viennent se créer ou s'implanter en Guinée portugaise. C'est le cas de l'Estrela de Farim et de la Casa Gouveia qui commercialisent l'arachide et gèrent la distribution de produits dans tout le territoire. Dans le même temps, de grandes exploitations agricoles sont également développées dans les rares régions pacifiées : le long du Rio Grande de Buba, autour de Bissau et dans le pays peulh (Bafatá et Gabú). Cet essor économique portugais est favorisé par le coup d'état de Lisbonne en 1926 : le dictateur Salazar prit le pouvoir et imposa des droits de douane restrictifs aux compagnies étrangères présentes en Guinée, les forçant à se vendre aux intérêts portugais. L'organisation sociale coloniale pyramidale en ce milieu de XXème siècle trouve en son sommet une poignée de dirigeants et de cadres techniques portugais. Le niveau intermédiaire est composé de fonctionnaires, majoritairement capverdiens (75% !). Cette communauté capverdienne domine également le secteur commercial. Le niveau social le plus défavorisé est évidemment composé des natifs bissau-guinéens qui occupent des fonctions de domestiques, d'artisans et d'agriculteurs. En 1942, Bissau qui était déjà de facto la capitale économique et la plus grande "ville" du pays devient la capitale administrative de la Guinée portugaise aux dépens de Bolama. En 1950, sur les 512.255 habitants de Guinée portugaise, seuls 8320 étaient considérés comme "civilisés" (dont 2273 blancs, 4568 métis, 1478 noirs et 11 indiens). Sur ces 8320 civilisés, 3824 étaient analphabètes (541 blancs, 2311 métis et 772 noirs). En 1959, à la veille de la vague d'indépendances africaines, seuls 3525 élèves fréquentaient l'enseignement primaire et 249 le lycée Honório Barreto (créé l'année précédente). L'école Industrielle et Commerciale de Bissau accueillait quant à elle 1051 élèves. Le Portugal aborde donc les années 50 avec un bilan désastreux : les provinces de Guinée portugaise sont toujours insoumises, le pays n'a que peu d'infrastructures et les systèmes scolaires et sanitaires sont quasi-inexistants.
& Bowman, Joye, 1997, Ominous Transition: Commerce and Colonial Expansion in the Senegambia and Guinea, Aldershot, Avebury |
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La lutte pour l'Indépendance : De la fin des années 50 jusqu'au début des années soixante beaucoup de pays en Afrique accédaient à l'indépendance. Mais le Portugal refuse d'abandonner ses colonies. Les Portugais se sont rendus compte que si elles étaient libérées, le néo-colonialisme de Salazar ne pourrait pas être imposé. Ainsi, alors que d'autres pays devenaient libres, l'emprise sur la Guinée s'affermit. Le résultat fût la plus longue guerre de libération que connut l'Afrique : une guerre de "guerilleros" menée par le PAICG avec l'aide significative d'Union Soviétique et du Cuba. Dans les années 50, alors que le pays ne s'était jamais vraiment soumis à l'occupant portugais et que plusieurs régions africaines s'émancipent, les idées indépendantistes commencent à germer et mènent à la création en 1956 du Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée et du Cap Vert (PAIGC) dont le fondateur n'est autre qu'Amilcar Cabral. Quatre années seront nécessaires au PAIGC pour s'organiser et s'armer. Cette guerre de libération commencera vraiment en 1963 et grâce à des actions de guerilla permettra à l'armée de libération d'occuper 5 ans plus tard, en 1968, plus de deux tiers du territoire. Désormais politiquement et militairement bien organisé, le PAIGC réussit rapidement à s'attirer la sympathie et la bienveillance de plusieurs nations du monde telles que la Suisse, l'Union Soviétique, la Chine et de nombreux pays du tiers-monde dont le Maroc et la Guinée Conakry. Le monde intellectuel, diverses forces sociales et politiques ainsi que la jeunesse des pays d'Europe occidentale et des Etats-Unis soutiennent ce mouvement d'émancipation et lui permettent d'obtenir en plus des appuis matériels et logistiques une tribune pour exprimer les doléances du peuple bissau-guinéen : Amilcar Cabral pourra s'exprimer à l'ONU et ira même jusqu'à être reçu par le pape Paul VI au Vatican en compagnie des leaders des autres mouvements de libération du monde lusophone (FRELIMO du Mozambique, MPLA d'Angola). Conscient de la rapide déroute portugaise, le gouverneur, le Général António de Spínola (1968-73), s'essaye à une stratégie de division entre le PAIGC et les populations locale en arguant du fait avéré que les cadres du PAIGC étaient pour la plupart des métis capverdiens, Amilcar Cabral le premier. Son programme “Por uma Guiné Melhor” (Pour une Guinée Meilleure) est censé offrir plus d'équité et de justice à ceux qui, il y a si peu de temps, faisaient partie, pour l'administration, des "non civilisés". Ce programme "Pour une Guinée Meilleure" reposait sur : 1) le parti fasciste União Nacional (illustration à droite : le logo du parti) - implication directe des militaires, base du véritable pouvoir colonial, dans la propagande en vue de diminuer l'influence du PAIGC. Pour s'attirer la sympathie du peuple, l'armée ira jusqu'à prêter ses camions pour le transport de matérieux de construction des habitations dans les villages ! La carotte n'était bien sûr qu'une partie de la politique du gouverneur. Le bâton avait plus que jamais sa place : ceux qui n'étaient pas "du bon côté" étaient châtiés sans pitié (nombreuses excécutions arbitraires). Malgré toute cette énergie dévouée au programme "Pour une Guinée Meilleure", cette opération était morte-née. L'indépendance était inéluctable en dépit de l'aveuglement du Portugal qui pensera règler le problème d'une manière pour le moins expéditive : il fera assassiné le 20 janvier 1973, à Conakry, Amilcar Cabral, leader du PAIGC, par petit commando armé. Cet évènement, au lieu de retarder la conclusion du conflit ne fit que la précipiter. En mars de cette même année, le premier avion de combat Fiat G-91 est abattu par un missile sol-air Strella. En représailles de l'assassinat d'Amilcar Cabral, une opération militaire d'envergure portant le nom du défunt leader est en outre lancée dans le quart sud-ouest du pays pour prendre la place forte de Guiledje, entre Quebo et Cacine, précipitant la fin de la présence portugaise en Guinée. Le 22 mai 1973, le Sud-Ouest de la Guinée est conquis et occupé par le PAIGC. Quatre plus tard, le 24 septembre 1973, la première Assemblée Nationale Populaire est convoquée pour déclarer l'indépendance et la création de l'état souverain de la République de Guinée-Bissau. Ce nouvel état est immédiatement reconnu par 63 pays de la communauté internationale et rentre à l'ONU. Luís Cabral, demi-frère d'Amilcar est alors élu premier Président de la République. C'est à 5000 kilomètres de la Guinée-Bissau que se scellera la dernière étape du processus menant le pays mais aussi les autres colonies portugaises à l'indépendance totale : le 25 avril 1974, les militaires portugais conscient du désastre militaire et de la nécessité de mettre fin à l'empire colonial déclenchent la "Révolution des Oeillets" qui met fin à 48 années de dictature. Les forces d'occupation sont immédiatement retirées de Guinée-Bissau. L'indépendance : Dès l'indépendance, le nouveau gouvernement du PAIGC connut de nombreux problèmes. Les Portugais n'avaient en effet vu dans la Guinée qu'un grenier à arachides et à huile de palme. A l'inverse des colonies françaises et anglaises, aucune véritable infrastructure n'avait jamais été construite. Que restait-il de ces 500 ans de colonisation ? Une brasserie destinée à fournir la bière aux troupes portugaises, quelques petites usines pour le décorticage du riz et de l'arachide, 14 diplômés d'Université, et pas un seul docteur ! Un analphabétisme touchant 95% de la population, une espérance de vie de 35 ans et 45% des enfants morts avant l'âge de cinq ans. Durant des années, la Guinée Bissau a suivi la voie africaine du Marxisme Léninisme, c'est à dire "rien au peuple et tout au gouvernement". Un pouvoir familial s'est instauré et le pays s'est fermé au monde. Rares sont donc les étrangers qui connurent la Guinée-Bissau avant le début des années 90. Les rares entreprises étaient bien-sûr dirigées par l'État. Les conditions économiques étaient si mauvaises que trouver de la nourriture était presque une activité clandestine; les ménagères pouvaient passer quatre ou cinq heures par jour à chercher les denrées nécessaires. La fin des années 90 est marquée par l'ouverture progressive du pays. La situation économique n'a cependant jamais été aussi mauvaise qu'à cette période : toutes les infrastructures tombent en ruine y compris à Bissau : eau courante disponible deux heures par jour, en même temps que l'électricité et services publics en faillite. L'inflation permanente du pesos bissau-guinéen rend les achats de produits aventureux : les prix augmentent chaque jour et la plus grosse coupure, 10.000 pesos, ne permet rien d'acheter si bien que les billets sont agrafés par liasses de 10... Pour remédier à cela, la Guinée-Bissau choisit en 1998 de passer au franc CFA, monnaie partagée par la plupart des pays francophones d'Afrique et qui est protégée par la Banque de France. Cette transition monétaire sera l'une des causes d'une période tourmentée qui allait durer près de 10 ans pour ne se terminer qu'en 2004 : lors du passage au CFA, les Bissau-Guinéens ont été invités à changer tous leurs pesos contre la nouvelle monnaie. Si ce changement stoppa l'inflation elle provoqua une brusque et importante augmentation des prix qui priva la population urbaine des produits alimentaires les plus nécessaires. La colère de la population procura à l'armée, dirigée par un héros de la guerre d'indépendance, le général Ansumane Mané, une raison et une occasion de se soulever tout en ayant un grand soutien populaire. Ecarté de l'armée par le président Vieira quelques jours auparavent au prétexte de soutenir la rébellion en Casamance (Sénégal), Ansumane Mané déclencha une insurrection en formant une junte militaire. C'est le début d'une période instable qui va durer plus de six années durant lesquels coups d'état et gouvernements transitoires vont se succèder.
C'est l'année 2004 qui a marqué le retour de la paix dans le pays. Des élections parlementaires ont consacré le retour au pouvoir du PAIGC. Il n'en fallait pas plus pour préparer le terrain à Nino Vieira qui a remporté les élections présidentielles de 2005 : après sept ans d'exil au Portugal, Nino a retrouvé son siège de président de la République de Guinée-Bissau le 1er octobre 2005. LES CHEFS D'ETAT DE LA GUINEE-BISSAU (depuis l'indépendance) :
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Le nom conventionnel du pays est "République de Guinée-Bissau" en Français et "Republica da Guine-Bissau" dans la langue officielle. Devise du pays : La Guinée-Bissau existe officiellement depuis le 24 septembre 1973. Le 24 septembre est devenu le jour de la fête nationale de l'Indépendance. Le drapeau reprend les couleurs du panafricanisme avec une signification particulière pour chacune : Langue officielle : Portugais. Le créole portugais (kriolo) est la langue néanmoins la plus parlée. Dans les villages on parle la langue de son ethnie. |
| Coordonnées géographiques : 12 00 Nord, 15 00 Ouest | Superficie : 36 120km² |
| Côtes : 350km au total sur l'Océan Atlantique | Frontières : 724km dont 386km avec la Guinée et 338km avec le Sénégal |
| Territoire maritime : jusqu'à 12 miles marins et zones économique exclusive jusqu'à 200 miles marins | Fuseau horaire : UTC 0 (2h de décallage avec la France en été, 1h en hiver) |
| Point culmimant : dans l'Est du pays à 300m d'altitude | Monnaie : franc CFA (XOF) |
DEMOGRAPHIE
La population de la Guinée-Bissau s'élève à 1 442 029 habitants (estimation juillet 2006). Sa population est très jeune avec 41.4% d'enfants de 0 à 14 ans (297 623 garçons / 298 942 filles), 55,6% d'adultes de 15 à 64 ans (384 559 hommes / 417 811 femmes) et 3% seulements "d'anciens" de plus de 65 ans (18 048 hommes / 25 046 femmes). L'âge moyen des Bissau-Guinéens est de 19 ans seulement et la tendance est encore au rajeunissement avec un taux d'accroissement de 2,07%, un taux de natalité de 37,22/1000 et un taux de mortalité à la baisse (16,53/1000).
Autres chiffres statistiques (estimations 2006):
Taux d'immigration : 0/1000 (solde négatif)
Ratio sexuel à la naissance : 1,03 garçon pour 1 filles
Ratio sexuel des enfants de moins de 15 ans : 1 garçon pour 1 fille (parité parfaite)
Ratio sexuel des adultes de 15 à 64 ans : 0,92 homme pour 1 femme
Ratio sexuel des adultes de plus de 65 ans : 0,72 hommes pour 1 femmes
Ratio sexuel total : 0,94 hommes pour 1 femme
Taux de mortalité infantile : 105.21 enfants sur 1000 meurent avant l'âge de 5 ans.
Espérance de vie à la naissance : 46,87 ans (45,05 ans pour les hommes et 48,75 ans pour les femmes)
Taux de fertilité : 4,86 enfants par femmes
Taux d'alphabétisation (adultes > à 15 ans sachant lire et écrire) : 42.4% (hommes : 58.1%, femmes : 27.4%)
C'est bien-sûr autour de Bissau mais également au Nord-Ouest de la Guinée-Bissau (en pays Diola et Manjak) que la densité de population est la plus forte bien qu'elle demeure à un niveau très faible. Même dans les zones à forte concentration humaine, on peut facilement parcourir des kilomètres dans la forêt sans voir personne. Dans l'Est et le Sud c'est le vide ! La région de forêt pluviale de Catió (une des plus arrosées au monde) est constituée d'un entrelacement de forêt primaire et de mangrove qui rend la vie en saison "humide" relativement difficile même si là-bas plus qu'ailleurs la nature est très généreuse. Entre juillet et septembre il pleut quasiment quotidiennement et de fin mai à début novembre au moins deux à trois fois par semaine !
Ethnies: plus d'une vingtaine d'ethnies noires, peu d'Européens et beaucoup de métis.
Religions: Comme dans la plupart des pays d'Afrique, beaucoup de Bissau-Guinéens sont animistes tout en ayant parallèlement une religion monothéiste. On peut donc dire qu'il y a 75% d'animistes, 60% de musulmans et 20% de catholiques. Tout l'Est du pays est peuplé de populations majoritairement musulmanes (Peulhs, Mandingues) et c'est aussi le cas du Sud où Nalus et Biafadas, quoique très attachés à leurs croyances traditionnelles, ont embrassé la religion islamique. Dans le reste du pays (Nord-Ouest, Bijagos et Centre) les populations sont animistes ou catholiques.
CLIMAT & ECOSYSTEMES
Située à mi-distance entre le tropique du Cancer et l'équateur, la Guinée-Bissau a un climat chaud et humide. La température moyenne varie peu (24° C - 29° C). Elle est soumise à une saison pluvieuse qui va de juin à novembre, et à une saison sèche qui s'étend de décembre à mai. Arrosée par la mousson atlantique (plus de 1 000 mm/an dans l'intérieur du pays au nord, plus de 2 000 mm sur la côte au sud), la Guinée-Bissau est soumise aux irrégularités pluviométriques et appartient au Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS).
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| Forêt dense sèche | Forêt dense sèche dégradée | Forêt dense sèche de transition | Forêt claire dense | Forêt claire dégradée | Savane | Palmeraie | Mangrove | Forêt ripicole | TOTAL | |
| Bolama |
3,200
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6,400
|
0
|
14,000
|
11,200
|
44,000
|
15,600
|
41,600
|
0
|
136,000
|
| Biombo |
0
|
0
|
0
|
0
|
400
|
8,000
|
1,600
|
22,400
|
0
|
32,400
|
| Cacheu |
0
|
0
|
0
|
3,600
|
31,200
|
94,400
|
41,200
|
90,800
|
400
|
261,600
|
| Gabu |
0
|
0
|
0
|
17,600
|
268,800
|
418,000
|
0
|
0
|
64,800
|
769,200
|
| Quínara |
23,600
|
16,000
|
0
|
23,600
|
38,800
|
58,400
|
5,600
|
22,800
|
5,600
|
194,400
|
| Bafata |
0
|
400
|
8,400
|
49,200
|
234,000
|
137,600
|
6,800
|
0
|
8,000
|
444,400
|
| Oio |
0
|
0
|
0
|
69,600
|
144,000
|
126,800
|
8,800
|
10,000
|
6,800
|
366,000
|
| Tombali |
63,600
|
39,600
|
11,600
|
12,000
|
18,800
|
38,800
|
400
|
60,800
|
7,600
|
253,200
|
| TOTAL |
90,400
|
62,400
|
20,000
|
189,600
|
747,200
|
926,000
|
80,000
|
248,400
|
93,200
|
2,457,200
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Économie
La Guinée-Bissau est l'un des 10 pays les plus pauvre de l'Univers ! Cette situation ne date pas d'aujourd'hui et certains facteurs tels que le SIDA ou la baisse des revenus agricoles d'exportation n'incitent pas forcément à l'optimiste. Heureusement, la vente de permis d'exploitation de pêche à l'Union Européenne ou au Japon permet de faire rentrer des sommes substantielles. En outre, la production de noix de cajou a repris son rythme de croisière (elle avait fortement diminué durant les périodes de trouble). La Guinée-Bissau est au 6ème rang mondial des producteurs de noix de cajou. La Guinée Bissau a des réserves notables de phosphates, de bauxite, d'argile, de granit et de bois. Quelques réserves off-shore de pétrole lourd pourraient être exploitées.
Voir aussi la page agriculture
La population est très majoritairement active dans le secteur agricole qui emploie près de 82% de la main d'oeuvre du pays. Le secteur du commerce, de l'industrie et des services attire quant à lui à peine 18% des travailleurs bissau-guinéens. La part de chaque secteur dans la composition du PIB est cependant sensiblement différente puisque l'agriculture ne contribue qu'à 62% du PIB alors que l'industrie y participe à hauteur de 12% et les services à hauteur de 26%.
La population active de Guinée-Bissau avoisine les 500.000 personnes. C'est cette petite masse laborieuse qui doit rembourser une dette extérieure évaluée à près d'un milliard de $US. L'aide économique permettant de pouvoir supporter le poids important de la dette est seulement d'une centaine de millions de $US.
Le développement tant attendu et qui pourrait mener le pays vers plus de propérité n'est pas au rendez-vous. Le taux de croissance de la production industrielle n'est que de 5% par an (estimation 2003). Autant dire presque rien puisque 5% de pas grand chose font toujours pas grand chose. D'autant que si la moitié de la production industrielle concerne la transformation des produits agricoles, l'autre moitié ne concerne que la bibine: production de bière et de boissons diverses...
Pour complèter ce glorieux tableau, le commerce extérieur est largement déficitaire : les importations coûtent 60 millions de $US de plus que ce que rapportent les exportations.
Exports : 116 millions de $US FOB en 2004 (cajou, poisson, crevettes, arachide, noix palmistes, bois) principalement à destination de l'Inde (68.9% qui achète toute la production de cajou), du Nigéria (17.5%) de l'Equateur (4.6%). Les 9% qui restent vont vers le Sénégal, le Portugal ou l'Espagne.
Imports : 176 millions de $US FOB en 2004 (agro-alimentaire, véhicules, machines, pétrole, équipement) venant notamment du Sénégal (35.7%), de l'Italie (18.8%), du Portugal (12.8%) mais aussi de Hollande, de Chine, d'Allemagne ou de France.
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Données statistiques générales :
Taux de croissance économique réel : 2.3% (estimation 2005)
PNB par habitant : 800 $US (estimation 2005)
La répartion des richesses montre des très grandes inégalités. On appelle ça dans les milieux non diplomatiques "le marxisme à l'Africaine" :
Les 10% de Bissau-Guinéens les plus pauvres détiennent 0.5% de la "richesse nationale"
Les 10% de Bissau-Guinéens les plus riches détiennent 42.4% de la "richesse nationale"
Taux d'inflation du panier familial : 4% (chiffre 2002)
INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT
Infrastructures routières (chiffres 1999) :
| - Voies bitumées en état : 453km - Voies non bitumées (pistes principales en latérite) : 3947km |
Total : 4400 km |
Infrastructures portuaires et fluviales :
Les cinq grands estuaires de la Guinée-Bissau sont navigables.
Le Rio Cacheu est navigable en eau profonde jusqu'au port de Cacheu et avec un charge de 4 000 tonnes jusqu'à Farim située pourtant à près d'une centaine de kilomètres de l'embouchure.
Le Rio Gêba est navigable avec une charge de 120 000 tonnes jusqu'à Bissau. Les embarcations artisanales peuvent en outre remonter jusqu'à Bafatá.
Le Rio Grande de Buba est navigable jusqu'à Buba avec une charge de 120 000 tonnes et jusqu'à l'ancien port national de Bolama avec 4000 tonnes de charge.
Le Rio Cumbijã, au sud, est navigable jusqu'à la préfecture de Bedanda avec des petites embarcations d'une charge inférieure à 600 tonnes.
Enfin, le Rio Cacine permet la navigation des bateaux emportant jusqu'à 3000 tonnes.
L'ensemble des côtes bissau-guinéennes étant composé de mangrove et d'un dédale de canaux au sein même des estuaires, de nombreuses embarcations artisanales (pirogues) peuvent relier un grand nombre de villages et de villes secondaires, tant pour les activités de pêche que pour le transport de passagers et de marchandises.
En dehors des estuaires, dans l'archipel des Bijagos, le port de Bubaque accueille des bateaux emmenant jusqu'à 120.000 tonnes de charge.
L'ensemble des ports (Bissau, Buba, Cacheu, Farim) datent de l'époque coloniale est sont tout dans un état de délabrement avancé. Le port de Bissau, accueillant des portes-containers, ne fait pas exception. En plus des épaves de bateaux qui encombrent le vieux port, les zones de débarquement sont dans un état lamentable. La zone de stockage des containers est la seule qui montre un entretien acceptable.
Les infrastructures aériennes :
La Guinée-Bissau compte trois aéroports avec des pistes bitumées dont l'aéroport international Osvaldo Vieira de Bissau-Bissalanca. Les autres, au nombre de 25, sont des aérodromes avec des pistes en latérite. La majorité des ces aérodromes ne permet que l'atterissage d'avions très légers : 20 ont une longueur de piste inférieure à 914 mètres.
ENERGIE
Électricité:
Capacité de production : 56 millions de kWh (chiffres 2003)
Production annuelle : 52,08 millions de kWh (chiffres 2003)
Consommation par habitant : 39 kW (chiffres 2003)
Les normes sont les mêmes qu'en France et tout fonctionne sur du 220 volts quand il y a du courant ce qui peut se révèler rare. Les prises sont également les mêmes qu'en France. Il faut savoir qu'il y a deux réseaux électriques à Bissau : un pour les nantis et les entreprises qui est assez souvent coupé, et un pour les Bissau-Guinéens chanceux (encore plus souvent coupé). Le Bissalien moyen ou pauvre devra se contenter de la bougie ou de la lampe à pétrole.
Aujourd'hui, la situation est particulièrement préoccupante. Seule Bissau possède une centrale électrique. La compagnie nationale d'électricité n'a souvent plus d'argent pour payer le pétrole nécessaire à sa production. Des fils électriques "pirates" sortent de tous les côtés de la centrale pour alimenter quelques chanceux, notamment dans le quartier de Chão de Papel où le générateur est installé. La centrale arrive cependant à alimenter la capitale et ses environs toutes les nuits à partir de 18H00 et ce jusqu'au lendemain midi. Certains jours on peut même avoir du courant 24h/24. Ceci est néanmoins exceptionnel.
En dehors de la capitale, seules les villes principales telles que Cacine, Catió, Cacheu, Bissorã, Gabú ou Bafatá ont des centrales alimentant les commerces, les administrations et quelques foyers. Elle ne fonctionnent cependant qu'en soirée jusqu'à minuit-1h du matin.
Les localités de taille plus modeste doivent quant à elles s'en remettre à quelques initiatives privées ou personnelles : de petites groupes électrogènes peuvent par exemple être amortis par les commerçant qui les possèdent pour leur frigo en "revendant" quelques centaines de watts dans le quartier pour alimenter une ampoule, une télévision ou un ventilateur. C'est par exemple le cas de Bubaque dans les Bijagos.
Si aujourd'hui, 100% de la petite production électrique bissau-guinéenne est d'origine thermique, des projets comme celui du barrage hydroélectrique de Saltinho sur le Rio Corubal pourraient augmenter à terme la production électrique du pays de plus de 120%. Le projet prévoir que d'ici 2015, le barrage de Saltinho pourrait couvrir près de 60% des besoins électriques du pays. Un tel ouvrage ferait économiser en quelques années des centaines de millions de tonnes de pétrole au pays tout en le rendant plus autonome et moins pollué.
Pétrole :
Toutes utilisations confondues, la Guinée-Bissau consommait en 2003 (derniers chiffres disponibles) 2450 barils de pétrole par jour. L'ensemble de cette consommation est importée. En effet, la Guinée-Bissau aurait, selon certains experts, du pétrole off-shore sur son territoire (dont une partie est disputée avec le Sénégal), mais ce pétrole, trop lourd pour avoir une qualité acceptable, n'est pas exploité à ce jour.
L'industrie étant quasi-inexistante, la consommation de pétrole est répartie entre l'utilisation comme carburant automobile et la production d'électricité.
MEDIAS/PRESSE
La presse bissau-guinéenne, y compris les ondes, a été libéralisée depuis la loi du 3 octobre 1993. La presse écrite comporte outre le journal gouvernemental Nò Pintcha, ouvert à l’opposition, des titres indépendants comme L’Expresso Bissau, Corréo da Guinée-Bissau, Banoméro. D’autres sont directement liés aux partis politiques : Bagueira pour le PCD, Ganga Real pour la RGB-MB, qui sont souvent très critiques à l’égard du pouvoir. Sur le plan radiophonique, la radiodiffusion nationale (RDN) est concurrencée par trois radios privées : Radio Pidjiguiti, Radio Mavegro, Radio Sintchan Hocko et Radio Bombolom, qui, tombée entre les mains des mutins en 1998 leur a servi de tribune tout au long du conflit.
Plusieurs radios internationales se disputent également la bande FM à Bissau. On a pu noter la concurrence entre Radio France Internationale (RFI) et la radio portugaise (RTPI) dans ce pays lusophone, mais où le français prend une importance croissante. De même, la télévision nationale (RTGB) est concurrencée par des chaînes extérieures. On retrouve la même concurrence franco-portugaise relayée par TV5 et la chaîne de télévision portugaise équivalente (RTP). La presse dispose d’une relative liberté depuis le rétablissement des institutions en 2005 et il existe un conseil national de la communication sociale.
TELECOMMUNICATIONS / INTERNET
Il est désormais possible d'aller sur internet en Guinée-Bissau. Depuis 2000, le nombre de cybercafés ne cesse d'augmenter même si la qualité générale de ces établissements est loin d'être excellente. Dans tous les cas, seule la capitale est réellement équipée de connexions internet publiques. Le nombre total d'utilisateurs d'internet en Guinée-Bissau en 2006 est estimé à 30.000 dont la plupart sont des utilisateurs occasionnels, souvent jeunes.
Ne comptez pas vous connecter au net ailleurs que dans la capitale. A titre indicatif, le code internet du pays est curieusement ".gw". (voir aussi le paragraphe "internet" dans la page "PRATIQUE").
Le téléphone coûte très cher sur l'international et le cellulaire dont l'offre grand public est très récente n'a pas encore touché toutes les couches de la population. Les dernières statistiques concernant le nombre de téléphones GSM en circulation datant de 2003, il est fort probable qu'aujourd'hui en 2006, le nombre de GSM dépasse le nombre de lignes fixes.
- Nombres de lignes téléphoniques : 10600 (chiffres 2003)
- Nombre de téléphones mobiles GSM : 1300 (chiffres 2003 : ce nombre a considérablement augmenté)
- Densité de téléphones fixes : 7 téléphones/1000 habitants
- Indicatif international de la Guinée-Bissau : +245
NB : En dehors de Bissau, le nombre de lignes fixes dans les ville bissau-guinéennes ne dépasse jamais quelques dizaines.