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Abdelaziz Bouteflika (en arabe عبد العزيز بوتفليقة, écouter), né le 2 mars 1937 à Oujda au Maroc , est un homme dÉtat algérien qui exerce les fonctions de président de la république dAlgérie depuis le 15 avril 1999. Il est depuis février 2005 président d'honneur du parti FLN (Front de libération nationale).
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Le père de Abdelaziz Bouteflika, Ahmed, est né à Tlemcen[1]. Il quitte l'Algérie suite à la répression coloniale, et trouve refuge au Maroc. Ahmed Bouteflika était marié à deux femmes : Belkaïd Rabia et Ghezlaoui Mansouriah, gérante dun hammam, qui est la mère dAbdelaziz. Ahmed Bouteflika est mort en 1958.
Abdelaziz Bouteflika naît le 2 mars 1937 à Oujda au nord-ouest du Maroc. Il est le premier enfant de sa mère et le deuxième de son père, Fatima étant sa sur aînée. Il a quatre frères (Abdelghani, Mustapha, Abderahim et Saïd), une sur (Latifa) et trois demi-surs (Fatima, Yamina et Aïcha). Abdelaziz Bouteflika vécut et étudia à Oujda, puis quitta lécole en 1950 pour rejoindre lécole Hassania de Scout, avant de devenir moniteur. Il se marie en août 1990 avec Amal Triki, fille dun ancien diplomate, Yahia Triki. Le couple na pas denfant.
Durant la guerre d'Algérie, en 1956, lArmée de libération nationale (ALN), branche militaire du parti indépendantiste Front de libération nationale (FLN), ordonne à tous les étudiants algériens de rejoindre ses rangs. Abdelaziz Bouteflika rejoint lArmée des frontières au Maroc à lâge de 19 ans. Abdelaziz Bouteflika na alors jamais porté darme. Il fit son instruction militaire à lÉcole des cadres de lALN de Dar El Kebdani (Maroc, Ville de Nador), puis il devint « contrôleur » pour la direction de la Wilaya V (au Maroc), sa tâche consistait « à plaider la cause de lALN » auprès des populations rurales algériennes pour en obtenir le ralliement. Il se consacrera à cette fonction de contrôleur durant dix mois, entre 1957 et 1958.
En 1958, il fut promu par Houari Boumédiène et devint secrétaire administratif au sein du poste de commandement de la Wilaya V (au Maroc) puis secrétaire particulier de Boumédiène au PC de la Wilaya V, mais aussi au PC de létat-major Ouest et au PC de létat-major général (1960).
En 2002 et 2005, lhomme politique français Pierre Messmer, ancien ministre des armées de Charles de Gaulle, laccuse davoir planifié en 1962 le massacre des Harkis[2]. Massacre qui au demeurant selon l'historien Pierre Vidal-Naquet s'inscrivait dans une logique de vendetta et ne fut jamais planifié mais simplement le résultat de la vindicte populaire et de l'abandon criminel des harkis par la France dans lequel Pierre Messmer a une très lourde responsabilité[3].
À l'indépendance de l'Algérie, en septembre 1962, il devient, à 25 ans, ministre de la jeunesse et du tourisme dans le gouvernement du président Ahmed Ben Bella. Membre de la première Assemblée constitutionnelle, il est élu député de Tlemcen aux première et deuxième Assemblées législatives. Après le congrès du FLN davril, il est nommé membre du Comité central et du bureau politique du FLN.
À partir de lannée 1963, il est appelé à effectuer de nombreuses missions à létranger comme ministre des Affaires étrangères par intérim. En juin 1963, il est confirmé dans ses fonctions. Dès lors il sen suit une période durant laquelle le jeune ministre des Affaires étrangères (à lépoque plus jeune ministre de ce département au monde) dirigera la diplomatie algérienne, une diplomatie qui faisait de lAlgérie un pays porte-parole du tiers monde et linterlocuteur privilégié dans les rapports entre le Nord et le Sud, au cours de la même période il obtiendra sa plus grande consécration en présidant la 23e session de lAssemblée générale de lONU. Il conclura à ce titre avec la France, au nom de la République algérienne, laccord du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à lemploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, pierre angulaire de la politique de grande émigration algérienne. Il gardera son poste jusquà la mort du président Houari Boumédiène.
Le président Chadli Bendjedid le nomme ministre dÉtat en 1979. Bouteflika est néanmoins peu à peu écarté de la scène politique quil quitte en 1981. Il est traduit devant le conseil de discipline du FLN. Il choisit de sexiler pendant 6 ans dans un contexte politique hostile et dincrimination par la Cour des comptes de sa gestion du ministère des Affaires étrangères (voir plus bas pour tous les détails de cette affaire). Il est de retour en Algérie en janvier 1987 et prend part au congrès du FLN de 1989 qui lélit membre du Comité central. Pressenti pour occuper des fonctions de ministre, il décline ces propositions, comme il ne donne pas suite, en 1994, aux sollicitations dont il est lobjet en vue de son accession aux fonctions de président.
En décembre 1998, il fait part de sa décision de se présenter, en qualité de candidat indépendant à lélection présidentielle anticipée. Bouteflika est élu président, et succède à Liamine Zéroual, le 15 avril 1999 à l'issu dun scrutin au cours duquel ses adversaires se retirent, dénonçant les conditions dorganisation du vote. Il est réélu président en 2004 au 1er tour de lélection. En 2005, Bouteflika est nommé président d'honneur du FLN par le huitième congrès du parti.
Les deux mandats du président Bouteflika sont marqués par une ferme volonté de civiliser le régime. La professionnalisation de larmée, la mise à la retraite de hauts gradés et la promotion dhommes neufs, proches du chef de lÉtat, vont dans ce sens. Mais la répression des émeutes de Kabylie (Printemps noir) entre avril 2001 et 2002 discrédite limage de lÉtat. En août 2005, la nomination au poste dambassadeur à Rabat du général Larbi Belkheir, ex-directeur de cabinet de Bouteflika, traduit également une reprise en main de larmée par le pouvoir civil.
La presse écrite se trouve fragilisée avec larrestation de journalistes en 2004 : parmi eux Mohamed Benchicou, directeur du quotidien Le Matin, condamné en juin 2004 à une peine de prison. Quelques mois auparavant, ce dernier publie un livre dans lequel il dresse un portrait critique du président: « Bouteflika, une imposture algérienne »[4]. Bouteflika a été vivement critiqué par lassociation Reporters sans frontières qui laccuse de tenter de mettre au pas la presse privée du pays. Bouteflika promettait en 1999 de respecter la liberté de la presse.
En 2005, Bouteflika convoque pour le mois de septembre un référendum pour faire adopter un ensemble de mesures dont le but est de restaurer la paix civile en Algérie. Il propose ainsi de reconnaître le droit à des réparations aux familles de disparus, daccorder une forme damnistie pour les membres de groupes armés non coupables de massacres et de créer une aide pour les veuves et orphelins de membres de groupes armés tués. Durant la campagne pour le référendum, menée tambour battant, lopposition et les familles des victimes ainsi que les associations des Droits de lhomme sont écartées du débat. Les média restent hermétiques à toute contestation et entretiennent une confusion entre le droit de refuser et la trahison du pays. LÉtat utilise dans cette campagne tous les moyens matériels y compris les fonds publics pour le seul bénéfice des partisans du président.
Ce référendum pose tout de même le problème des personnes disparues, dont le sort ne peut pas faire lobjet dune enquête indépendante ou internationale. Lopposition critique une mascarade électorale où, selon elle, les résultats sont connus davance (97,36 % de oui et 79,76 % de participation, sauf en Kabylie avec seulement 12% de participation). Le 2 mars 2006, il fait fermer les 42 établissements francophones afin de lutter contre la « déviation linguistique ». En juillet 2006, Abdelaziz Bouteflika signe un décret pour gracier les journalistes poursuivis pour diffamation.
LAlgérie profite depuis 1999 dune conjoncture économique très favorable due à la hausse du prix du pétrole, lÉtat en profite pour mener une politique de grands travaux : réalisation de grands chantiers, construction de grandes infrastructures publiques. Peuvent être cités la construction dun nouvel aéroport à Alger, les projets urbains de circulation dans les métropoles, lautoroute est-ouest, ainsi que le parc mobilier qui a donné un boom sans précédent.
Cette politique de grands travaux semble relancer léconomie, mais certains observateurs restent méfiants par rapport à cette politique qui nencourage pas lentrepreneuriat privé. Le pays est devenu un immense chantier de construction, ainsi plusieurs entreprises étrangères s'installent en Algérie pour prendre leur part du gâteau d'un programme économique ambitieux qui s'élève à 150 milliards de dollars, ainsi 1 million de logements sont programmés pour la période de 2004 à 2009, le chantier de l'autoroute Est-Ouest qualifié de chantier du siècle est projeté à être finalisé pour fin 2008, pour un investissement de 16 milliards de dollars.
Étant lui-même diplomate de carrière, il se donne la gageure de réhabiliter limage de lAlgérie dans le concert des nations. Ayant acquis lintime conviction que lAlgérie constitue lun des quatre points cardinaux de lAfrique, il sintéresse beaucoup aux problèmes de ce continent, et initie à cet effet lidée du NEPAD, qui est adoptée et suivie par la majorité de ses pairs africains. Il procède aussi à une médiation entre lÉrythrée et lÉthiopie (en guerre depuis 1997) qui est couronnée par la signature de laccord de paix dAlger en 2000.
Le problème du Sahara occidental lui fait du surplace, le Maroc et lAlgérie se cramponnant chacun sur leurs positions respectives. Si lAfrique du Sud a reconnu la RASD, Madagascar, le Tchad la Serbie-et-Monténégro, le Kenya et le Costa Rica ont retiré ou gelé la leur, et ce conflit ne semble pas sur le point dêtre résolu à court ou moyen terme, obérant par là même la construction dun ensemble économique cohérent au Maghreb. Les relations avec le voisin Marocain restent très tendues.
Il se préoccupe aussi des relations de son pays avec les États-Unis, avec lesquels il entend coopérer dans tous les domaines. Après les attentats du 11 septembre 2001, Bouteflika propose au terme dune entrevue avec le président George W. Bush, la coopération de son pays dans le domaine de la lutte antiterroriste, domaine de coopération qui savère fructueux eu égard à lexpérience acquise par lAlgérie dans ce domaine (cf. Guerre civile algérienne).
Avec la France, le président Bouteflika cherche à établir une politique dapaisement, lentrevue quil a avec le président français Jacques Chirac en 2003 à Alger, débouche sur une entente pour la signature dun traité damitié entre les deux pays, mais le vote de la loi du 23 février 2005 par le parlement français (reconnaissant en particulier le rôle positif de la colonisation), constitue une pierre dachoppement pour la signature de ce traité, Bouteflika dénoncera de son côté cette loi quil qualifie de cécité mentale, confinant au négationnisme et au révisionnisme.
Le 22 décembre 1981, Bouteflika est poursuivi pour « gestion occulte de devises au niveau du ministère des Affaires étrangères» (entre 1965 et 1978) par la Cour des comptes. Dans son arrêt définitif du 8 août 1983, la Cour des comptes donnait son verdict : « M. Abdelaziz Bouteflika a pratiqué à des fins frauduleuses une opération non conforme aux dispositions légales et réglementaires, commettant de ce fait des infractions prévues et punies par lordonnance n° 66-10 du 21 juin 1966 et les articles 424 et 425 du Code pénal. »[5]. La Cour des comptes évaluait à « plus de 6 milliards de centimes » (léquivalent de 100 milliards de centimes actuels) le montant dont Bouteflika restait redevable auprès du Trésor.
Pour sa défense, Bouteflika invoquera aux magistrats de la Cour des comptes la construction dun nouveau siège du ministère des Affaires étrangères pour laquelle il destinerait la trésorerie amassée sur les comptes suisses. La réponse de la cour : « Ce motif fallacieux ne peut être pris en considération sachant quune opération dinvestissement obéit à des règles bien précises quaucun ordonnateur ne peut ignorer et que léventuelle construction dun nouveau siège du ministère des Affaires étrangères doit être financée par des crédits normalement inscrits au budget de lÉtat.»[5].
Dès sa première élection, les deux partis politiques majoritaires en Kabylie (le FFS et Le RCD) boycottent les élections, le taux dabstention atteignant 95 % dans cette région de l'Algérie. Dans un de ses discours en Kabylie il dit : « De loin, je vous voyais très grands, mais... Vous nêtes que des nains »[6].
Pour promouvoir sa politique de « concorde nationale », le jeudi 2 septembre 1999 il visite Tizi-Ouzou face à une foule hostile[réf. nécessaire]. Il dit : « Si le tamazight devait devenir langue nationale, elle ne sera jamais officielle. Si elle devait devenir langue nationale, ce serait par voie référendaire ». La foule proteste et Bouteflika rajoute « Si vous êtes venu faire du grabuge, je suis capable de faire autant de grabuge que vous ». En 2001, des émeutes éclatent en Kabylie (le Printemps noir). Un mouvement politique utilise le mécontentement populaire : les Arouch. Le gouvernement de Bouteflika y voit la « la main de létranger ». La répression du mouvement fait 126 morts et des milliers de blessés, finalement Bouteflika reviendra sur ce quil a dit en 1999 et fera de tamazight (« la langue berbère ») langue nationale sans passer par un référendum.
Les élections législatives de 2002 et les présidentielles de 2004 sont boycottées par les kabyles suite à lappel des Arouch. Juste avant le referendum sur la réconciliation nationale en 2005, le gouvernement de Bouteflika dirigé à lépoque par Ahmed Ouyahia trouve un accord avec les Arouch. Belaïd Abrika explique alors que « la plate-forme del ksour sera bientôt satisfaite (...) y compris tamazight », mais la veille du référendum Bouteflika donne un discours à Constantine : « Il ny a aucun pays au monde possédant deux langues officielles et ce ne sera jamais le cas en Algérie où la seule langue officielle, consacrée par la Constitution, est larabe ». Il sera vivement critiqué par la presse et le mouvement berbériste qui lui rappelle que de nombreux pays dans le monde, comme lInde, la Suisse, Israël ou lAfrique du Sud, possèdent plus dune langue officielle. Le référendum sera finalement boycotté par 95 % des kabyles, le même nombre qu'auparavant.
Hospitalisé au Val-de-Grâce le 26 novembre 2005, il est, daprès le bulletin de santé officiel, opéré dun ulcère de lestomac. Durant cette période, les informations sont très rares et létat du président fait lobjet de spéculations dans lopinion et la presse de son pays. La sortie du président Bouteflika a lieu le 17 décembre. Un document télévisuel vise alors à rassurer lopinion, bien quil doit suivre une convalescence dune durée indéterminée. Il montre le président fatigué en compagnie de son médecin traitant Messaoud Zitouni qui donne des informations sur la nature de la maladie et des soins qui lui ont été prodigués. Il vise par ailleurs à contredire et mettre un terme aux spéculations et rumeurs ayant circulé à ce sujet. Il rentre en Algérie le 31 décembre 2005.
Il est de nouveau hospitalisé au Val-de-Grâce le 20 avril 2006 pour une « visite de suivi médicale » selon le ministère des Affaires étrangères. Depuis le président Algérien a repris ces fonctions, et a effectué plusieurs visites à l'extérieur comme à l'intérieur du pays. Il a également précisé qu'il avait payé lui même son hospitalisation dont il n'a jamais été question que la France assume le coût.
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Le Front de libération nationale (ou FLN, en arabe : جبهة التحرير الوطني Jabhat at-Taḩrīr al-Waţanī) est un parti politique socialiste algérien, présidé par le président de la république Abdelaziz Bouteflika.
Il est créé en novembre 1954 pour obtenir de la France l'indépendance de l'Algérie. Le FLN et sa branche armée, l'ALN (Armée de libération nationale), commence alors la lutte armée, qui se traduit au début par des attentats ciblés. Par la suite le mouvement s'organise et en 1958, le FLN forme un gouvernement provisoire, le GPRA. C'est avec le GPRA que la France négocie en 1962 les accords d'Évian.
À l'indépendance, le FLN prend ainsi le pouvoir « légitimement », et s'en assure l'exclusivité en instaurant le système de parti unique. Après d'importantes luttes internes, Ahmed Ben Bella prend la tête du parti, et donc de l'état. Il sera renversé trois ans plus tard par Houari Boumedienne (1965-1978) qui prend les pleins pouvoirs, réduisant largement la place du parti.
Le FLN reprend une importance centrale avec Chadli Bendjedid (1978-1992), qui dans les années 1980 est poussé, par de nombreuses protestations, à approuver une nouvelle constitution et introduire le multipartisme.
Avec les premières élections libres, en 1991 le FLN subit une lourde défaite mais l'ascension du FIS (Front islamique du salut) est empêchée par un coup d'état militaire. Le pouvoir militaire dirige et co-dirige alors l'État, légitimé par l'urgence de la « guerre civile », mais sans le soutien du FLN mis à l'écart. Le parti sort de cette « décennie noire » affaiblie, alors que son existence même avait été mise en cause. Ayant définitivement perdu son statut de « parti du pouvoir », il conserve cependant une place importante dans la vie politique algérienne.
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Fondé le 10 octobre 1954 en Algérie, le FLN apparut publiquement le 1er novembre 1954 pour engager une lutte de libération nationale contre la « France coloniale », présente depuis 1830, et pour la création d'un État algérien démocratique et populaire.
Il a été créé à l'initiative du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA), en appelant à l'union de toutes les forces politiques nationalistes pour la lutte de libération du pays. Il est composé par ceux qui deviendront les neuf « chefs historiques » du FLN : Hocine Aït Ahmed, Ahmed Ben Bella (futur premier président de la République algérienne indépendante), Krim Belkacem, Mostefa Ben Boulaïd, Larbi Ben M'Hidi, Rabah Bitat, Mohamed Boudiaf (chef de l'État en 1992), Mohamed Khider et Didouche Mourad.
Sa première apparition se traduisit dans les faits par des attaques plus ou moins désordonnées contre des installations militaires, commissariats, entrepôts, équipements de communications, et des bâtiments publics principalement dans les régions de Kabylie et des Aurès. Ces attaques, qui prirent par la suite le nom de Toussaint rouge, s'accompagnèrent de la déclaration dite du « 1er novembre 1954 », dans laquelle le FLN invitait le peuple d'Algérie à s'associer à la « lutte nationale ». Le front nationaliste algérien est le premier mouvement nationaliste à user de la violence l'adoptant comme mode principale d'action. Il marquait ainsi une rupture avec les autres mouvement tel que l'Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas, le Mouvement national algérien (MNA) de Messali Hadj ou encore l'Association des oulémas musulmans algériens. Cette rupture avec le MNA fut ensuite largement consommé avec de véritable massacres commis par les membres du FLN contre les forces du MNA.
Le FLN était doté d'une branche armée, l'Armée de libération nationale (ALN) dotée d'un état-major ainsi que d'une organisation militaire par laquelle les zones de combat furent divisées en 5 régions militaires. L'armement provenait essentiellement d'Égypte et était acheminé via le Maroc ou la Libye. À partir de 1958 les combattants fellaghas étaient suffisamment bien équipés et entraînés pour mener une guerre de guérilla[1]. Devant la forte répression des forces françaises, les dirigeants de la rébellion durent constituer des dépôts d'armes en territoires tunisien et marocain. Lorsque la France renforce le contrôle des frontières et installe les lignes Challe et Morice, une grande partie de l'armement n'est pas acheminé. Il en résulte à la fin du conflit d'une armée des frontières du FLN surarmée, qui échappait le plus souvent aux forces françaises, et des « moudjahidine » du maquis en Algérie presque inéquipés.
Le mouvement se structura ensuite grâce notamment à la plate-forme politique du Congrès de la Soummam d'août 1956, organisé principalement par Abane Ramdane, qui donnait un statut pour larmée de libération nationale devant se soumettre aux « lois de la guerre » et des instances politiques dirigeant la « Révolution », et affirmée la « primauté du politique sur le militaire et de lintérieur sur lextérieur ». En continuité avec cette construction institutionnel, fut créé le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) pour parachever la mise en place des institutions de la Révolution et la reconstruction d'un État algérien moderne. Ce gouvernement provisoire, qui donnait une reconnaissance internationale au mouvement, avait mis les autorités françaises devant le fait accompli qui n'eurent d'autres choix que de négocier.
Le combat armé sur le territoire algérien et métropolitain pour lindépendance, avec le slogan « La Révolution Algérienne, un peuple au combat contre la barbarie colonialiste », dura jusqu'au 27 mars 1962 date à laquelle le gouvernement français signa les accords d'Évian qui aboutirent à un accord de cessez-le-feu avec le FLN. En juillet de la même année, le peuple algérien vota par référendum pour lindépendance et ratifia les accords d'Évian qui prévoyaient une coopération économique et sociale entre les deux pays.
Dès la proclamation de lindépendance, le FLN prit le pouvoir apparaissant comme le mouvement ayant permis à lAlgérie d'accéder à l'indépendance. Toutefois, dimportantes luttes intestines déchiraient le parti, et déclenchaient de nombreuses « purges ». Ainsi Ahmed Ben Bella, partisan d'un pouvoir militaire, soutenu par l'armée des frontières suréquipée qui s'imposa largement face aux militants des maquis presque désarmés, dissolut le GPRA uvrant pour une Algérie démocratique, et prit la tête de l'État.
Aussi le parti d'« après l'indépendance » nest plus le même que le « FLN historique », front rassemblant les différentes forces politiques des anciens partis nationalistes davant 1954. Et c'est en s'appropriant cette légitimité historique que les directions successives du FLN ont justifié le monopole du parti unique, interdisant le Parti communiste en 1963, ainsi que le Parti de la révolution socialiste de Mohamed Boudiaf et, plus tard, le Front des forces socialistes (FFS) de Hocine Aït Ahmed.
De fait, le renversement de Ahmed Ben Bella était prévisible dès la clôture du 3e Congrès du parti du FLN (avril 1964) dont les résolutions finales accordaient au Président des prérogatives telles qu'il affirmait n'être responsable, ni devant les instances dirigeantes du FLN, ni devant l'Assemblée nationale. Ben Bella avait, depuis longtemps entamé le démantèlement de ce qu'il convenait d'appeler le « groupe d'Oujda » (entourage proche du colonel Boumédiène, alors Premier Vice-président de la République et Ministre de la Défense Nationale).
Après les limogeages de Kaïd Ahmed, Chérif Belkacem, Ahmed Medeghri et la prise en main personnelle des ministères vacants, la décision de mettre fin aux fonctions d'Abdelaziz Bouteflika, Ministre des Affaires Étrangères allait précipiter les évènements. Houari Boumédiène, pressé par son entourage, restait convaincu de pouvoir ramener Ben Bella à de meilleurs sentiments et au respect des institutions de l'État. Deux rencontres au moins se déroulèrent entre les deux hommes sans que Ben Bella changa d'attitude.
Lorsque Houari Boumédiène comprit que le prochain de la liste des éliminés serait lui-même, il se décida à mettre fin au régime de Ben Bella. Il confia au Commandant Hoffman, responsable des blindés, la surveillance de l'immeuble de la radio, du Palais du Peuple (Siège du Gouvernement) et de la Villa Joly (Siège du Bureau Politique du Parti du FLN et résidence de Ben Bella). Les colonels Tahar Zbiri et Abbès furent chargés de l'arrestation du président déchu, cueilli au saut du lit. Le lendemain, Boumédiène apparaissait à la télévision pour annoncer la fin du régime de pouvoir personnel et une proclamation, dite « du 19 juin » qui contenait le catalogue des critiques de la gestion de Ben Bella, fut lue. Coup d'État, pour les uns, et renversement du président Ben Bella ; redressement révolutionnaire pour d'autres.
La vision de Houari Boumédiène se situait en complète opposition avec le système politique précédent et consacrait la primauté de la construction de l'État sur l'action politique. Dans un nationalisme étatiste-socialiste et anticolonialiste, Boumédiène régnait par décret et selon une « légitimité révolutionnaire », marginalisant le FLN en faveur de son propre pouvoir et celui de l'armée, tout en maintenant le système de parti unique. À partir de 1976, la première révision constitutionnel a fait du pays un « État socialiste » sous contrôle du FLN, qui servait cependant encore d'appui pour les décisions de Boumédiène.
À la mort de Houari Boumédiène en 1978, le successeur Colonel Chadli Bendjedid réorganise le parti, qui prend alors une place centrale après une longue période de mise à l'écart. Les militaires gardaient encore une large représentation dans le Comité central du FLN, et possédaient en grande partie le contrôle de l'État.
Durant les années 1980, le FLN modère la teneur « socialiste » de son programme, opérant quelques réformes de marché libre et écartant les lieutenants restant de Boumédiène. Cependant, les principales avancées démocratiques ne purent avoir lieu qu'avec les grandes émeutes et les démonstration populaires de 1988 qui secouèrent le pays vers des réformes politiques essentielles. Le 28 février 1989, une révision constitutionnelle instaura le multipartisme et la liberté dexpression ; le régime du parti unique fut donc dissous. Le FLN coupa ainsi ses liens particuliers avec l'armée national et privilégiés avec l'appareillage de l'État.
Ces premières tentatives d'ouvertures permirent au Front islamique du salut (FIS) d'arriver en tête au premier tour des élections législatives de 1991. Le FIS obtirent 188 sièges sur 231, le FFS 25 sièges et le FLN seulement 15 sièges, alors que les candidats indépendants en remportèrent 3. Prenant acte de cette montée du parti islamistes, l'armée décide le 11 janvier 1992 d'un véritable coup d'État militaire en poussant le président Chadli Bendjedid à la démission et en interrompant les élections.
En janvier 1992, Mohammed Boudiaf accepte le poste de Président qui lui est proposé, mais est assassiné quelques mois plus tard. L'Algérie tombe alors encore sous le contrôle direct des militaires. Le parti demeure alors dans l'opposition au gouvernement durant la « guerre civile ». Après une restauration partielle de la démocratie, en 1995 une élection présidentielle est organisée. Mais celle-ci est boudée par les grandes formations de l'opposition, et le FLN, comme le FIS et le FFS, en appellent à l'abstention.
Le 16 novembre 1995, le général Liamine Zéroual est élu président, le premier à la suite d'un scrutin pluraliste. Le FLN reste extérieur au pouvoir ; les clans militaires appuie en effet leur légitimité politique sur d'autres partis. Le FLN signe avec six autres formations politiques en 1995, la plateforme de Rome, qui critiquait notamment fortement le pouvoir militaire et sa gestion de la crise ; cependant, après d'importants débats internes, la position officielle du parti changea pour un soutient de la présidence.
En 1998, Liamine Zéroual annonce officiellement la tenue délection présidentielle anticipée pour février 1999, auxquelles il ne se présentera pas. Cette sortie précipitée du président est alors attribuée aux généraux de l'armée craignant une nouvelle montée des intégristes religieux au pouvoir avec lesquelles Liamine Zéroual tenait des relations de plus en plus étroites. Pour l'élection, aux cotées des principaux candidats comme Hocine Aït Ahmed, Mouloud Hamrouche et Taleb Ibrahimi, les généraux font appel, pour lui attribuer leur soutient, à Abdelaziz Bouteflika, l'ancien fidèle ministre de Boumédiène qui avait quitté la scène politique depuis 1981, et qui est alors soutenu par le FLN. Le 15 avril, Abdelaziz Bouteflika remporte lélection présidentielle avec 73,8 % des suffrages, mais l'opposition dénonce des fraudes massives.
Le parti reçoit, lors des élections législatives de 2002, 34.3% des voix parlementaires et obtient 199 membres au parlement. En 2004, Ali Benflis se présente à l'élection présidentielle, comme candidat du FLN, et n'obtient que 6.4% des voix, contre 85.0% pour Abdelaziz Bouteflika, mais dans un scrutin fort contesté. La victoire d'Abdelaziz Bouteflika entraîne ainsi une reprise en main du parti. En 2005, le huitième congrée national du FLN nomme Abdelaziz Bouteflika président du parti et Abdelaziz Belkhadem secrétaire général du FLN, qui est ensuite nommé Premier ministre, le 24 mai 2006, par le président Abdelaziz Bouteflika, succédant à Ahmed Ouyahia du RND. Le FLN fait aujourd'hui partie de la coalition parlementaire appelée « alliance présidentielle » avec le Rassemblement national démocratique (RND), et le Mouvement de la société pour la paix (MSP). Il en forme théoriquement l'aile de gauche nationaliste.
Présidents du FLN depuis sa création :
Secrétaires généraux :
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Front des forces socialistes
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Le Front des Forces Socialistes est un parti politique algérien crée en 1963 peu après lindépendance de lAlgérie. Le FFS est membre de lInternationale socialiste. Son président est héros de la guerre dindépendance Hocine Aït Ahmed. Parti d'opposition historique au système en place, il prône depuis plus de 40 ans la démocratie. Le FFS est politiquement très bien implanté en Kabylie, dans les milieux berbérophones du pays ainsi que dans les grandes villes d'Algérie. Il a boycotté les élections de 2002 et de 2007. Le FFS se définit comme un parti laïc[1] : « Nous entendons développer une approche laïque. Le champ religieux ne doit en aucun cas se substituer et envahir le champ politique.»[2] En France ses militants travaillent traditionnellement avec ceux du parti socialiste.[réf. nécessaire] Liens externes [modifier]Notes [modifier]Rassemblement pour la culture et la démocratie
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Le RCD se réclame comme un mouvement représentant « tous les Algériens », bien que la majeure partie de son électorat soit kabyle. Tout comme son frère ainé le FFS ou les Arouch. Statut [modifier]Il est crée une formation politique dénommée : Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), dont le siège se situe à Alger, El Biar, au 40 Rue Mohamed Chabane. Le peuple algérien a une histoire multimillénaire. Au cours de cette longue histoire, diverses cultures ont constitué des apports qui déterminent sa personnalité. En plus d'autres éléments culturels et historiques, la Maghrébinité, l'africanité et la méditerranéité constituent avec les éléments définis par la Constitution les valeurs essentielles de l'identité nationale. La lutte de libération a cimenté la conscience algérienne, support fondamental de l'unité national, désormais naturellement vécu par la jeunesse. Les souffrances endurées par la collectivité nationale en vue d'arracher son indépendance oued koriche / Boualem Guerroumi Références [modifier]Liens externes [modifier]
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Résumé
Suite aux mouvements de révolte doctobre 1988 et à louverture politique concédée par le
pouvoir, une loi relative à la création des « associations à caractère politique » est votée le 5 juillet
1989. Le FIS (Front islamique du salut) est agréé en septembre de la même année. Un grand nombre
dimams « indépendants », cest-à-dire non rémunérés par lÉtat et qui prêchent dans les centaines
de mosquées « libres » créées dans les années 1980, se rallient au nouveau parti. Abassi Madani
en est le président, Ali Benhadj, le vice-président. Très vite, le FIS se développe en parti de masse
avec une prétention hégémonique, qui sur le moment rallie des centaines de milliers de jeunes en
quête daction et de reconnaissance. Mais le parti, pas du tout préparé à ce rôle, se trouve très vite
confronté à un problème considérable dorganisation et de structuration dautant plus que, dès le
départ, des conceptions diverses se manifestent en son sein par rapport à la stratégie à adopter et que
les appétits politiques des différents dirigeants les poussent à la surenchère. Cette situation favorise
aussi laction de la Sécurité militaire, qui infiltre le FIS jusque dans ses structures dirigeantes.
Entre-temps, toute une nébuleuse dislamistes radicaux gravite autour du FIS, tantôt le ralliant
(lors de manifestations de rue par exemple), tantôt dénonçant ses prises de position et surtout son
implication dans le jeu démocratique, considéré comme une compromission avec le pouvoir. À côté
de groupes de jeunes qui veulent en découdre avec le régime en employant des méthodes qui relèvent
de la criminalité et sans fondement particulièrement religieux, il y a un tout autre genre de
groupes, comme ceux quon appelle les « Afghans », quelques centaines de vétérans algériens de
lAfghanistan qui reviennent en héros, avec des conceptions très rigides sur lapplication de la loi
islamique et qui sont très souvent volontaires pour la lutte armée. Il y a également des islamistes,
assez minoritaires, qui ne sont pas spécialement extrémistes, mais qui combattent ce régime auquel
ils naccordent aucune crédibilité : ils sont davis que le processus démocratique est un leurre, que
les militaires ne laccepteront jamais et quil faut se préparer à la lutte armée pour changer de pouvoir.
Dailleurs, ils considèreront que la suite des événements leur a donné raison, ce qui justifiera
leur choix de la confrontation armée avec le pouvoir à partir de janvier 1992.
Lors des premières élections pluralistes que connaît lAlgérie, en juin 1990, le FIS remporte la
majorité des communes et des préfectures (
wilayat). Cest un choc pour tout le monde. Le FIS luimêmeny était pas préparé et se trouve empêtré dans des problèmes de gestion administrative. Parallèlement
à leuphorie de la victoire, se développent et sintensifient les divergences au sein de la
direction. Cest au moment de la grève totale du FIS en juin 1991 que les conflits au sein du conseil
de consultation seront les plus forts et les services secrets sauront en tirer profit en les exacerbant.
Cet épisode se soldera par léviction du gouvernement des ministres « réformateurs », une prise en
main des décisions politiques par les futurs putschistes et une rude répression à lencontre des partisans
du FIS. La plupart des dirigeants du FIS seront mis en prison, dont ses deux principaux responsables
qui ne seront libérés quen 2003.
Mais les dirigeants militaires, espérant pouvoir « domestiquer » le FIS (mais se préparant aussi
à lécraser en cas déchec), font tout pour que le parti participe aux élections législatives de décembre
1991. Cest Abdelkader Hachani qui reprend en main le FIS et qui le mènera aux élections.
Au lendemain du premier tour, lorsquil savèrera que cette fois-ci encore, le FIS gagnerait et remporterait
jusquaux deux tiers des sièges du Parlement, les militaires interrompent le processus et
usurpent quasi directement le pouvoir. Le FIS nest pas préparé à cette situation et ne semble pas,
dans un premier temps, vouloir sengager dans la lutte armée. Une répression brutale fait éclater le
parti, et les responsables politiques étant emprisonnés ou contraints à lexil, les militants sont livrés
à eux-mêmes. Toutefois, certains membres du FIS rejoignent dès juin 1991 et dautres en janvier
1992 des groupes clandestins déjà existants, et prêts à agir si la lutte armée devait se révéler
nécessaire. Ainsi, dès janvier-février 1992, apparaissent des groupes armés opposés à la ligne du
FIS, tant sur le plan de la stratégie que des méthodes à employer, sattaquant aux forces de lordre et
aux casernes. Dans le même temps, multipliant les provocations et les infiltrations, le pouvoir
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pousse par tous les moyens les opposants islamistes à la lutte armée. Mais si certains cadres du FIS
se sont effectivement ralliés aux groupes armés existants, la direction du parti et la plupart de ses
responsables sy sont opposés. Du moins jusquà la mi-1993.
Entre 1992 et 1994 se constituent donc différentes formations armées, dont le GIA (Groupe
islamique armé). En réalité, il serait plus exact de parler des « Groupes islamiques armés », car sous
le sigle GIA se rassembleront une multitude de groupes caractérisés par leur extrémisme et qui pour
certains cela est désormais clairement établi sont de pures créations des services secrets de
larmée, le DRS, tandis que dautres sont fortement infiltrés par ce dernier. Il y a évidemment aussi
parmi eux des groupes autonomes persuadés de la justesse de leur choix.
Cependant, à partir du printemps 1994, la situation va totalement changer. Des combattants
« islamistes » inconnus font leur apparition dans plusieurs régions (surtout dans lAlgérois) et imposent
une terreur qui ira de pair avec la reprise en main de ces régions par larmée. Et paradoxalement,
alors même que le DRS prend progressivement et secrètement le contrôle de la totalité de la
direction du GIA, une importante partie de la véritable opposition clandestine, armée ou non et
avant tout la tendance la plus politisée de la
jazara qui regroupe de nombreux intellectuels , lerallie, ignorant lampleur de la manipulation du GIA par le DRS. Cest avec la prise de pouvoir par
Djamel Zitouni (agent du DRS), en octobre 1994, que le GIA devient un véritable instrument de
lutte contre-insurrectionnelle entre les mains des chefs du DRS.
En juillet 1994, lAIS (Armée islamique du salut) se constitue, ses chefs la présentant comme
le « bras armé » du FIS. Elle sera dorénavant une des cibles favorites des GIA, qui commettent de
plus en plus dassassinats, dattentats à la bombe et de massacres. A partir de fin 1995, de plus en
plus de « phalanges » de base (
katiba/kataib) du GIA se distancient de lorganisation et de sa direction,dénonçant une dérive quelles ne sexpliquent que par la manipulation du DRS, ce que confirmeront
quelques années plus tard différents transfuges de larmée, qui donneront des exemples très
concrets dopération montées par ce dernier.
À partir de la fin 1994, le GIA contrôlé par le DRS (dont les services assurent eux-mêmes la
rédaction des communiqués ultra-radicaux prétendant « légitimer » les actions du GIA « au nom de
lislam ») remplit donc plusieurs fonctions. À lintérieur du pays, il mène une véritable guerre, qui
vise plusieurs objectifs : terroriser et « mater » les populations civiles soupçonnées davoir sympathisé
avec le FIS ; discréditer le FIS au sein de la population algérienne et vis-à-vis de la communauté
internationale ; instaurer la terreur au sein même des groupes armés et éliminer tout groupe à
lintérieur du GIA qui ne se laisse pas assujettir ; combattre tous ceux qui ne rallient pas le GIA. Et
son combat vers lextérieur a pour but dimposer le soutien de la communauté internationale et
tout particulièrement de la France, qui joue un rôle leader sur le « dossier algérien » à la ligne
« éradicatrice » du commandement militaire, lequel se présente comme garant de la démocratie, et
détouffer toute voix discordante, notamment celles qui dénoncent les graves violations des droits
de lhomme. Dans ce but, les responsables du DRS nhésitent pas à manipuler (à leur insu) des
« fantassins » du GIA pour commettre des attentats en France durant lété 1995
En Algérie, le summum des violences sera atteint lors des grands massacres de lété 1997 et
de lhiver 1998, revendiqués par le GIA. À ce jour, lanalyse des nombreuses informations disponibles
permet de formuler lhypothèse que ces massacres, qui se déroulent sous les yeux des unités de
larmée passives, ont été froidement planifiés par les chefs du « clan éradicateur » de larmée, dans
le but notamment daffaiblir le clan du président Liamine Zéroual et son conseiller Mohamed Betchine.
Ceux-ci, qui étaient parvenus à renforcer leur pouvoir, sapprêtaient en effet à trouver un
arrangement avec les dirigeants du FIS. Et cest également pour torpiller cette initiative que le chef
du contre-espionnage, Smaïl Lamari (dit « Smaïn »), a négocié directement une « trêve » avec les
chefs de lAIS trêve prenant effet le 1
er octobre 1997, et que rallieront dautres groupes. Cette« guerre des clans », grâce à la manipulation de la violence islamiste, aboutira la démission du président
en septembre 1998. Abdelaziz Bouteflika sera nommé par les militaires et élu à la présidence
de la République, grâce à la fraude, en avril 1999.
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Il entérinera laccord passé entre le DRS et lAIS en promulguant la loi de la « concorde civile
». Cette loi a été fortement contestée, pour diverses raisons : certains y ont vu une amnistie pour
les « terroristes », les autres une réhabilitation des agents du DRS infiltrés dans les groupes armés.
Il est en tout cas établi que lapplication de cette loi sest déroulée dans une opacité totale. Une fois
de plus, il sest agi de la part du pouvoir dune mascarade en guise de mesure dapaisement, promettant
la paix et la réconciliation sans que celles-ci se soient depuis réalisées. En effet, depuis
2000, la violence officiellement attribuée aux groupes armés islamistes entièrement contrôlés par
le DRS depuis 1996 a considérablement diminué, mais le pouvoir a choisi de la maintenir à un
niveau « résiduel », de façon à empêcher tout véritable retour à la paix civile.