Notre pays est en train de vivre des événements qui nous rappellent les mauvais souvenirs dune époque que nous croyons révolue.
Si lon peut comprendre quaprès léchec dune négociation, une revendication catégorielle sexprime par lexercice du droit de grève, il nest pas admissible que celui-ci serve de prétexte à un déchaînement de violence à lencontre des personnes et des biens. Dailleurs, la preuve est maintenant faite quil est toujours possible de trouver une solution par la négociation à tout conflit social.
Il ne sagit pas de cela en réalité. Ce qui est en cause, cest lexploitation, pour ne pas dire linstrumentalisation, qui a été faite de la grève des transporteurs, à des fins politiques. Pour certains, qui navaient dailleurs pas caché leurs intentions, lobjectif est dobtenir par la violence ce quils nont pu obtenir par la voie des urnes, cest-à-dire par le fonctionnement normal de la démocratie.

Ils nont donc pas hésité à jeter dans la rue des bandes de jeunes auxquels se sont mêlés des délinquants attirés par la possibilité de pillages. On en voit le résultat : des bâtiments publics détruits ou incendiés, des commerces et des entreprises pillés ou dévastés. Quil sagisse du patrimoine de lEtat, cest-à-dire de notre bien commun, ou de locaux privés, ce sont des années defforts ainsi réduits à néant.
Les apprentis sorciers qui dans lombre ont manipulé ces jeunes ne se sont pas préoccupés du risque quils leur faisaient courir en les exposant à des affrontements avec les forces de lordre. Plusieurs dentre eux ont de ce fait perdu la vie, ce quon ne peut évidemment que regretter.
Lorsque le bilan humain et matériel de ces sombres journées pourra être fait, il sera probablement très lourd. Ceux qui sont derrière ces manipulations ne voulaient certainement pas le bien de notre peuple. On ne bâtit pas un pays en multipliant les ruines.
Il faut donc que les choses soient bien claires. Le Cameroun est un Etat de Droit et entend bien le rester. Il a des institutions démocratiques qui fonctionnent normalement. Cest dans ce cadre que sont traités les problèmes de la Nation. Ce nest pas à la rue den décider.
Limmense majorité de notre peuple aspire à la paix et à la stabilité. Les dernières consultations électorales en ont apporté la preuve. Les Camerounais savent que le désordre ne peut apporter que malheur et misère. Nous ne le permettrons pas.
A ceux qui ont pris la responsabilité de manipuler des jeunes pour parvenir à leurs fins, je dis que leurs tentatives sont vouées à léchec. Tous les moyens légaux dont dispose le Gouvernement seront mis en uvre pour que force reste à la loi.